Législatives 2022 : « La victoire est possible »… Au QG de la Nupes, on rêve toujours d’envoyer Mélenchon à Matignon

A quelques jours de l’été, un vent d’espérance souffle ce dimanche soir au QG de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Devant l’entrée de la Fabrique, dans le dixième arrondissement de Paris, la candidate Nupes Caroline Mecary sourit, avant même l’annonce des résultats. « Je suis confiante, car pendant la campagne, on a ressenti l’enthousiasme des gens sur le terrain. Il y a un vrai engouement sur la possibilité d’envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon », salue l’avocate. A 20 heures, les résultats du premier tour des législatives s’affichent sur les écrans, sous les hourras des quelques dizaines de militants présents.

« On voit que la victoire est possible. C’est à notre tour de gouverner maintenant, pour mettre en place notre projet de transformation de la société », lance Christian, les yeux rivés sur l’écran. Selon les estimations de cinq instituts, l’alliance de la gauche est au coude-à-coude avec la coalition présidentielle Ensemble ! en nombre total de voix, de 25 à 26,2 %.

« J’appelle notre peuple à déferler dimanche prochain »

Jean-Luc Mélenchon réussit là le premier round de son incroyable pari. Battu d’un cheveu au soir du premier tour de la présidentielle, il propulse sa Nupes comme principale force d’opposition à Emmanuel Macron. Une perspective que peu de monde aurait imaginé, au soir de son élimination le 10 avril dernier. « C’est le duel qu’on a installé depuis l’entre-deux tours de la présidentielle. En faisant l’union de la gauche, on a réussi à mobiliser les déçus de la présidentielle. Je ne m’enflamme pas, mais ce soir, on est premiers », vante Pierre Castex, militant insoumis de 19 ans.

La salle s’agite, Jean-Luc Mélenchon débarque pour offrir des accolades, tout sourire. Quelques minutes plus tard, l’intéressé est bien plus sérieux en montant sur l’estrade. Face aux caméras, le vieux tribun confie son « émotion » face aux résultats de son camp. « Le parti présidentiel est défait […] Pour la première fois de la Ve République, un président nouvellement élu ne parvient pas à obtenir une majorité à l’élection législative qui suit », lance-t-il. « La Nupes arrive en tête, elle sera présente dans plus de 500 circonscriptions au deuxième tour, et dès lors, les projections en sièges à cette heure n’ont aucun sens sinon celui de maintenir une illusion, dit-il, l’air grave. J’appelle notre peuple à déferler dimanche prochain, pour rejeter définitivement les projets funestes de la majorité de M. Macron. »

« La mobilisation sera un des enjeux majeurs de dimanche prochain »

Dans la foulée, les responsables de gauche présents ce dimanche lancent le duel qui vient face à la macronie. « Les Français ont le choix. Soit, c’est une majorité qui pourrira la vie des Français, soit c’est une majorité qui fera que le travail paie, qui bloquera les prix contre l’inflation. Nous allons mettre toutes nos forces dans la bataille pour gagner », assure le porte-parole du Parti communiste, Ian Brossat.

« Le résultat du soir est une déroute pour Macron et un fait inédit. Pour la Nupes, c’est un test réussi qui doit s’inscrire dans la durée. Il faut maintenant une mobilisation majeure, ce sera un des enjeux de dimanche prochain », confie l’eurodéputée LFI, Manon Aubry. « On veut maintenant un vrai débat démocratique, car le gouvernement a sa part de responsabilité dans l’abstention historique de ce premier tour. Ils ont tout fait pour éviter d’avoir un débat politique, dans la continuité de la présidentielle », dénonce Leïla Chaibi, sa collègue LFI au Parlement européen.

L’union de la gauche a désormais une semaine pour mobiliser ceux qui ne se sont pas déplacés ce dimanche. Car malgré une percée historique, les sondages indiquent que la Nupes n’aura pas de majorité au second tour, condition sine qua non pour propulser Mélenchon à Matignon. Un peu plus tôt dans la soirée, un sympathisant inquiet interrogeait justement le tribun sur ces projections en siège, favorables à Emmanuel Macron. L’ancien député des Bouches-du-Rhône tentait de rassurer, comme il pouvait, avec son éternelle gouaille. « C’est le pourcentage [national] qui compte. Les projections, c’est pour calmer le bourgeois. »