Législatives 2022 en Alsace : Martine Wonner, percée Nupes à Strasbourg ou survie des LR… Un premier tour à enjeux

L’Alsace, terre de droite ? Jusqu’alors, le bleu recouvrait souvent les Haut-Rhin et Bas-Rhin les soirs d’élections. Depuis 2017 et l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, cette tendance apparaît moins évidente. Ces élections législatives, les deux prochains dimanches, pourraient le confirmer. Parmi d’autres enjeux que 20 Minutes vous fait découvrir.

A Strasbourg, Alain Fontanel « joue gros »

Deux ans après sa désillusion des municipales, l’ancien premier adjoint de la ville retente sa chance. Alain Fontanel représentera Ensemble (La République en Marche et ses alliés) au centre-ville de Strasbourg. Dans une 1re circonscription du Bas-Rhin qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête au premier tour de la présidentielle (36,84 %). « Il joue gros », analyse Sébastien Michon, chercheur au CNRS dans la capitale alsacienne. « Alain Fontanel n’a jamais été élu sur son nom, comme en 2020 ou aux cantonales de 2014, et une nouvelle défaite pourrait le fragiliser. Sa formation penserait alors qu’il n’est pas le meilleur candidat. » Surtout que la majorité actuelle lui a fait confiance en choisissant de ne pas reconduire le député sortant Thierry Michels… Le scrutin s’annonce serré face à la candidate de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et n°2 d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) Sandra Regol. « Elle a fait une campagne très habile et certains quartiers devraient la plébisciter, comme Hautepierre. Tout dépendra de la participation. Comme un peu partout à Strasbourg, si la Nupes parvient à mobiliser, elle qualifiera ses candidats. »

« De vrais tests » pour Les Républicains

Des 15 circonscriptions alsaciennes, un tiers est actuellement dans le giron des Républicains. Plus pour longtemps ? La question se pose depuis le très faible score de Valérie Pécresse (4,78 %) le 10 avril. « Le territoire est clairement classé à droite depuis le début de la Ve République. Mais il faudra voir si les électeurs souhaitent donner une majorité présidentielle ou vont revenir à leurs premières amours », analyse le politologue en évoquant « de vrais tests » à plusieurs endroits. Comme dans le nord-est du Bas-Rhin (8e circonscription) où la députée européenne Anne Sander aura la lourde tâche de succéder au triple sortant Frédéric Reiss. Ou dans le nord du Haut-Rhin (2e) où le député LR Jacques Cattin retrouve celui qu’il avait battu d’un rien en 2017, Hubert Ott (Ensemble). A Colmar, Yves Hemedinger (LR) sera aussi menacé par l’ancienne ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert (Ensemble). « Elle avait fait de bons scores aux régionales dans ce coin-là, à Colmar, et est soutenue par le maire Eric Straumann, qui est un poids lourd local », détaille Sébastien Michon qui ne voit pas la droite perdre tous ses postes en Alsace.

Martine Wonner, Unser Land, RN… Les autres points à surveiller

Ses positions contre le pass sanitaire ou les vaccins à ARN messager, sa participation au documentaire Hold-Up, Martine Wonner a beaucoup fait parler d’elle pendant son premier mandat. Désormais loin de LREM, elle a créé son parti Ensemble pour les libertés et le représentera dans sa circonscription, la 4e du Bas-Rhin. « Où ce sera très ouvert », estime le chercheur au CNRS sans condamner la médecin psychiatre malgré ses positions radicales. « De ce que j’ai vu, elle a rempli des salles et a bien travaillé son territoire. Son souci, c’est le manque de soutiens d’élus locaux sur un territoire qui a largement voté Macron il y a deux mois [35,19 %]. »

Dans le reste de l’ancienne région administrative, Marine Le Pen avait parfois réalisé de jolis scores. De bon augure pour les candidats du Rassemblement national (RN) ? Pas à en croire Sébastien Michon. « A la présidentielle, il y a un vote sur une figure mais ça ne se traduit généralement pas en Alsace aux législatives. Le RN n’a pas une très bonne implantation ici, ni de grands noms. Dans le meilleur des cas, ils auront un candidat au second tour. » Comme peut-être le parti autonomiste Unser Land, qui avait réussi cette performance en 2017 dans la 5e circonscription du Bas-Rhin.