Législatives 2022 : Comment deux députés Insoumis lillois se sont fait un nom, en cinq ans, à l’assemblée et dans les médias

Vus à la télé. Il y a cinq ans, ils étaient des inconnus du monde politique. Aujourd’hui les députés Insoumis des circonscriptions lilloises, Adrien Quatennens (la 1re du Nord) et Ugo Berrnalicis (la 2e), se sont forgé un nom à l’Assemblée nationale et dans l’univers médiatique. Tous deux se représentent aux élections législatives, dont le premier tour est dimanche.

Le premier a su séduire le petit écran par sa capacité à aborder tous les sujets avec aisance et peut-être grâce à son look singulier : les cheveux roux coupés en brosse. Le second a été projeté dans la lumière des réseaux sociaux grâce à des interventions marquantes dans l’hémicycle ou en commission des lois, notamment contre le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti. Lui aussi déploie cette rhétorique efficace qui plaît tant au monde de l’image.

« Son but, c’est de s’adresser aux électeurs de la France insoumise ! »

Dans un article du site d’informations Médiacités, un député macroniste, qui avait travaillé avec Ugo Bernalicis dans une commission d’enquête, lui reprochait le fait de s’arranger pour être filmé « à chaque fois qu’il s’exprimait en commission ou dans l’hémicycle ». « Son but n’est pas de discuter avec les autres parlementaires, mais de s’adresser aux électeurs de la France insoumise ! », balançait-il.

Une stratégie assumée par l’intéressé. « Quand vous faites des médias nationaux, vous êtes bien plus présent dans votre circonscription que quand vous faites la kermesse d’école », assurait-il dans l’interview. A 20 Minutes, il préfère parler du collectif, en mettant en avant « l’organisation au sein du groupe LFI » qui « facilite le travail en commun ». « Ainsi, chacun peut intervenir sur un plateau télé ou en matinale radio car nous nous considérons tous comme égaux à la base, ce qui n’est pas le cas dans tous les partis », souligne Ugo Bernalicis.

« Le meilleur d’entre nous »

Pourtant, il reconnaît Adrien Quatennens comme « le meilleur d’entre nous » pour s’exprimer dans les médias. « Il a brillé par sa capacité à faire passer des messages concrets et non des slogans », glisse-t-il. « Ugo s’est plutôt spécialisé sur des sujets qu’il voulait creuser comme la police et la justice, indique, pour sa part, Adrien Quatennens. Moi, j’ai un discours plus généraliste. »

A 33 ans pour Ugo Bernalicis et 32 pour Adrien Quatennens, les deux Nordistes font donc déjà figure de vieux briscards de la politique. Au point de pouvoir organiser conjointement, mardi soir au théâtre Sébastopol de Lille, un concert meeting avec la présence du chanteur Hubert-Félix Thiéfaine. « C’est la première fois qu’il accepte de participer à un meeting politique », se réjouit Adrien Quatennens qui est également monté sur scène pour jouer de la batterie, un de ses hobbies.

Notre dossier législatives 2022

Incontestablement, les deux étoiles filantes de la France Insoumise (LFI) souhaitent briller encore cinq ans. En 2017, Ugo Bernalicis l’avait assez largement emporté au second tour face à une candidate macroniste empêtrée dans des affaires de faux diplôme et de cagnotte Leetchi interdite. Adrien Quatennens l’avait, pour sa part, emporté d’une très courte tête, 46 voix. Ils font, cette fois, figure de favoris.

Dans la 1re circonscription du Nord, les autres candidats sont : Jonathan Lefrancq (sans étiquette/SE), Mai Rimlinger (Reconquête !), Audric Alexandre (PACE), Pierre Madelain (Lutte ouvrière), Vanessa Duhamel (Ensemble, majorité présidentielle), Carole Leclercq (Rassemblement national), Constance Godest (Parti animaliste), Frédéric Chaouat (La Sagesse Politique), Thomas Fabre (UDI) et Hugo Desmarchelier (SE).

Dans la 2e circonscription, il s’agit de : Caroline Boisard-Vannier (Les Républicains), Monique Delevallet (Reconquête !), Nicolas Karasiewicz (Un nouveau regard, DVC), Nordine Aassi (Union des démocrates musulmans français), Pascale Rougée (Lutte ouvrière), Virginie Chauchoy (Parti animaliste), Rudy Elegeest (Ensemble), Philippe Guérard (RN) et Marie Savage (SE).