Législatives 2022 : A Rennes, la gauche veut récupérer ses sièges chipés par LREM en 2017

S’agissait-il d’une simple parenthèse ? A Rennes, la République en marche est en perte de vitesse depuis cinq ans. En 2017, la capitale bretonne avait porté en triomphe Emmanuel Macron en lui accordant plus de 88 % des voix au premier tour, soit 22 points de plus qu’au niveau national. Dans la foulée, le parti présidentiel avait tout emporté sur son passage et raflé les quatre sièges de députés, sachant que le socialiste François André avait choisi d’être apparenté LREM à l’Assemblée. Dans ce bastion de la gauche, la déroute était historique pour le Parti socialiste qui détenait jusqu’alors tous les sièges.

Cinq ans plus tard, la donne a bien changé. En avril, Rennes a ainsi rappelé qu’elle était une ville à gauche en plaçant Jean-Luc Mélenchon en tête du premier tour de l’élection présidentielle (36,3 %), devant Emmanuel Macron et Yannick Jadot. Dimanche, la dynamique s’est poursuivie à l’occasion du premier tour des législatives où trois candidats de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes) sont arrivés en tête dans les quatre circonscriptions rennaises. Seule la députée sortante Laurence Maillart-Méhaignerie a viré en tête dans la 2e circonscription (41,4 %) mais son avance n’est pas énorme face à son adversaire Tristan Lahais (39,5 %).

« Un retour à la réalité électorale »

Symbole de cette macronie en difficulté, le médiatique député Florian Bachelier, par ailleurs Premier questeur de l’Assemblée nationale, a ainsi essuyé une lourde défaite dans la 8e circonscription, devancé de plus de treize points par son adversaire socialiste Mickaël Bouloux, maire du Rheu (45,7 %). Dans la 1re circonscription, traditionnellement ancrée à gauche, le candidat de la Nupes Frédéric Mathieu est également arrivé assez largement en tête (39,3 %), devant la candidate de la majorité présidentielle Hind Saoud (32,7 %) qu’il affrontera ce dimanche.

Pour l’écologiste Gaëlle Rougier, qui a laissé sa place à Mickaël Bouloux dans la 8e, ce rebattement des cartes « marque un retour à une réalité électorale après la tromperie de 2017 ». « Les candidats LREM s’étaient présentés comme de gauche, Florian Bachelier en premier, poursuit-elle. Cinq ans après, tout le monde a compris que c’était un mensonge ». Une analyse pas loin d’être partagée par le politologue Romain Pasquier. « Le quinquennat Macron a quand même tiré plus de fois à droite qu’à gauche », estime le directeur de recherche au CNRS et enseignant à Sciences-Po Rennes, pas très optimiste pour la majorité présidentielle. « Mis à part dans la 2e où Laurence Maillart-Méhaignerie part favorite, cela va être très compliqué dans les autres », assure-t-il.

Sonnés après le premier tour, les marcheurs ne partent pas pour autant vaincus. « On laisse le défaitisme à d’autres, indique Antoine Esnault, président des Jeunes avec Macron en Bretagne. C’est un scrutin à deux tours et rien n’est joué ». Réponse dimanche un peu après 20h.