Le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, est décédé

Le professeur Luc Montagnier, qui avait reçu le prix Nobel de médecine en 2008, est décédé mardi à l’âge de 89 ans à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, apprend 20 Minutes ce jeudi auprès de la mairie de la commune, confirmant une information de Libération. L’ancien chercheur au CNRS et à l’Institut Pasteur s’était retrouvé à l’écart de la communauté scientifique ces dernières années, en affirmant notamment que des vaccins pourraient être liés à des risques de mort subite du nourrisson, une affirmation sans appui scientifique.

Depuis la crise du Covid-19, il avait multiplié les déclarations démenties par les connaissances scientifiques – dont plusieurs ont fait l’objet d’articles de la  rubrique Fake Off de 20 Minutes –, faisant de lui une figure respectée au sein des opposants aux vaccins anti-Covid et au  pass sanitaire. C’est d’ailleurs le site France-Soir, dont il s’était rapproché ces dernières années, qui a le premier relaté le décès du professeur sur son compte Twitter, mercredi.

Fils unique, né dans le Berry en 1932, Luc Montagnier avait commencé par s’intéresser à la virologie et était entré au CNRS en 1960, où il avait découvert en 1963 « le mécanisme de réplication des virus à ARN », rappelle l’institution. Le scientifique avait ensuite dirigé de 1972 à 2000 l’unité d’oncologie virale de l’institut Pasteur. Il s’était notamment tourné vers l’oncologie parce qu’il avait vu son grand-père souffrir et mourir d’un cancer, avait-il confié lors de la remise de son prix Nobel de médecine.

Il avait reçu cette récompense en 2008 avec la virologue Françoise Barré-Sinoussi pour des travaux sur la découverte du VIH, virus à l’origine du sida, en 1983.

Luc Montagnier était « l’auteur ou le co-auteur de 350 publications scientifiques et de plus de 750 brevets », selon l’institut Pasteur. Il avait aussi pris part à la création de plusieurs entreprises de biotechnologies en France et aux Etats-Unis.

Ses déclarations hasardeuses l’avaient éloigné de la communauté scientifique ces dernières années. En 2017, après des propos du professeur sur la vaccination, une centaine de membres de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine avait signé une pétition l’accusant de « diffuser, hors du champ de ses compétences, des messages dangereux pour la santé, au mépris de l’éthique qui doit présider à la science et à la médecine ». Le 15 janvier dernier, il avait pris part à une manifestation à Milan contre le « green pass », l’équivalent du pass sanitaire en application chez nos voisins transalpins.