Le plongeur professionnel Matthieu Rosset champion de France de plats, le concours le plus barré de l’histoire

D’un échec aux JO de Tokyo, avec une élimination dès les qualifications sur le tremplin à 10 m, à un rebond inattendu, cinq mois plus tard à Villejuif, lors du premier concours français… de plats ! Le plongeur lyonnais Matthieu Rosset est devenu le mois dernier le premier vainqueur d’une épreuve (évidemment) non officielle conçue par son ami humoriste Pierre Croce, et mise en ligne mardi sur sa chaîne YouTube.

On vous conseille vivement cette demi-heure d’une compétition hilarante, qui met aux prises 13 plongeurs représentant chaque région de la France métropolitaine. Quintuple champion d’Europe (en 2012, 2015 et 2017) et champion du monde par équipe en 2017, sur des tremplins à 1 et 3 m, l’athlète de 31 ans s’est pour l’occasion essayé à 5 m sur « une discipline qu’on espère bientôt olympique », dixit Pierre Croce.

« Il a fait l’alignement parfait »

Trois critères sont d’emblée annoncés par les présentateurs Pierre Croce et Benjamin Verrecchia pour séduire les juges : « Le bruit, les éclaboussures et la petite rougeur sur le torse. » Après « des années d’entraînement de coaching en plat » avec Pierre Croce, Matthieu Rosset a quasiment tué le concours avec son premier saut, « l’arc-en-ciel », qui a obtenu la note parfaite de 30 sur 30. Imaginez un départ sans élan et un plat du dos ultime à l’arrivée à l’horizontale dans l’eau.

Le tout avec un bruit aussi tonitruant qu’un dunk de Vince Carter ou qu’une demi-volée de Steven Gerrard. « Il a fait l’alignement parfait », hurle aussitôt Benjamin Verrecchia. « C’est le moment de rappeler qu’il ne faut pas plonger comme ça si on n’est pas un professionnel du plat », enchaîne Pierre Croce. Et pour cause, le Lyonnais grimace avec un dos entièrement rouge.

« La première fois que je gagne une coupe qui me fait aussi mal »

« Trois 10, c’est merveilleux, je n’ai jamais eu ça dans ma vie, même en tant que plongée de haut niveau », sourit l’intéressé, en accord avec le ton huitième degré de la vidéo. En finale, Matthieu Rosset survole à nouveau le concours avec un saut « en chaise », avec cuisses et fesses en feu à la réception, et une note de 28, synonyme de sacre. « Mohamed Ali, Michael Jordan, Roger Federer, Matthieu Rosset », lâche alors un juge.

« C’est la première fois que je gagne une coupe qui me fait aussi mal », conclut dans la vidéo le plongeur lyonnais, qui a ensuite dû se tartiner de Biafine pour calmer les brûlures. « J’ai saigné et j’ai eu un énorme hématome à la cuisse, précise-t-il même au Progrès. Franchement, ça faisait flipper. J’aurais été incapable de faire un troisième saut. » Qu’il se rassure, ses deux masterpieces, tout en « autodérision », lui suffisent à être le plongeur le plus timbré de cette vidéo, qui compte plus d’1,2 million de vues sur YouTube en moins de 24 heures.