Le parquet de Paris ouvre une enquête après la révélation de messages racistes de policiers sur Facebook

Facebook (image d’illustration). — AFP

Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi à l’AFP l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « injure publique à caractère raciste » et « provocation publique à la haine raciale », après la révélation de messages racistes publiés sur Facebook dans un groupe réunissant des membres des forces de l’ordre. L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Le parquet avait été saisi dans l’après-midi par le ministre de l’Intérieur au lendemain de la mise au jour par le site d’information Streetpress d’un groupe Facebook « TN Rabiot Police Officiel » censé être réservé aux forces de l’ordre. Visible sur le réseau social, il affiche 7.760 membres.

Des propos « inacceptables »

Selon les captures d’écran publiées par Streetpress, de très nombreux messages haineux, racistes, sexistes et homophobes y sont échangés. Certains tournent en dérision la mort de jeunes hommes au volant de leur moto-cross ou qualifient de « sale pute » la chanteuse Camélia Jordana, qui a récemment dénoncé les violences policières.

« S’ils sont avérés, ces propos inacceptables sont de nature à porter gravement atteinte à l’honneur de la police et de la gendarmerie nationales », a-t-on commenté dans l’entourage du ministre. Christophe Castaner avait promis mercredi une « sanction » pour « chaque faute, chaque excès, chaque mot, y compris des expressions racistes » au sein des forces de l’ordre.

Une plainte contre X

« Les policiers sont policiers 24h/24. Ils doivent respecter la déontologie. Ces groupes de discussion, où est lancé un tel venin, ne sont pas tolérables », a affirmé Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa-Police. « Quand la faute est avérée, les brebis galeuses doivent être sanctionnées. » L’association antiraciste La Maison des Potes a, elle, annoncé une plainte contre X car « le racisme est un mal qui ronge de plus en plus la police ».

Membre du comité Justice et vérité pour Adama Traoré, jeune homme noir mort en 2016 après une interpellation, Youcef Brakni a lui estimé que ce groupe Facebook reflétait le sentiment « d’impunité » au sein de la police.

Prévenu, Facebook « étudie » le groupe

Contacté par l’AFP, Facebook a indiqué « étudier activement ce groupe », qui était toujours en ligne vendredi soir, et assure qu’il retirera « tout contenu » contraire à ses règles, qui interdisent les « discours haineux » et « incitant à la violence », « y compris dans les groupes privés ». Si Christophe Castaner a promis d’être « intransigeant », il s’agit également pour la place Beauvau d’éviter un procès en inaction face aux signes tangibles de racisme au sein des forces de l’ordre.

Objets de polémiques récurrentes ces dernières années, les accusations de violences policières couplées à celles de racisme ont rebondi en France, dans le sillage de l’indignation mondiale suscitée par la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc.

Mardi soir à Paris, un premier rassemblement avait réuni au moins 20.000 personnes à l’appel de la famille d’Adama Traoré​. Un succès populaire inédit, qui a dépassé les prévisions policières, malgré une interdiction préfectorale et l’ombre de l’épidémie de Covid-19. De nouvelles actions contre les violences policières sont prévues samedi dans plusieurs villes de France.

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