Le mouvement de désobéissance écolo «Extinction rebellion» débarque en France

Né en Grande-Bretagne, le mouvement — Steve Parkins/REX/Shutterstock/SIPA

Environ un demi-millier de personnes sont venues dimanche à Paris participer au lancement en France d’«Extinction Rebellion», mouvement international appelant à la désobéissance civile non-violente contre l’inaction climatique. «Extinction! Rebellion!», a scandé place de la Bourse la petite foule, composée de toutes générations, comptant parmi elle des familles et hérissée de drapeaux frappés d’un X cerclé.

Le mouvement est né en Grande-Bretagne fin 2018 à l’initiative d’universitaires notamment, inspiré par la stratégie de lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis dans les années 60. Il s’est depuis étendu à plusieurs pays, dont les Etats-Unis, via les réseaux sociaux.

« Aujourd’hui, nous officialisons notre existence »

«Aujourd’hui nous officialisons notre existence» en France, a expliqué à l’AFP Henri Parmentier, un porte-parole, évoquant 2.000 membres dans l’Hexagone. «Manifester, pétitionner, changer ses comportements individuels… on l’a fait, et on voit que ça ne change rien. L’étape suivante c’est agir, s’interposer, déranger, de façon non violente». Cet opticien parisien de 31 ans dit s’engager pour la première fois en tant que militant, après s’être documenté sur le réchauffement climatique. Tout comme Jonas, 23 ans, étudiant à Sciences Po, venu de Lyon. Jean-Pascal Péan, chauffeur de taxi des Hauts-de-Seine, était déjà mobilisé dans les actions anti-publicité. «Ce mouvement, c’est le résultat de 20 ans de prise de conscience», dit-il.

«Il y a urgence, notre survie sur Terre est menacée», proclame la déclaration de «rébellion contre l’anéantissement du vivant», lue à la tribune. «Nous ne sommes pas dupes des discours qui visent à nous rendre tous également coupables de la catastrophe. Dans ce monde 70% des gaz à effet de serre émanent de 100 entreprises», dit le texte, qui poursuit: «Nous n’avons plus confiance en la capacité ni la volonté de ce gouvernement ou d’un autre de prendre, sans une forte pression populaire, les mesures que la situation rend nécessaires».

Une série d’action le 15 avril

Les chercheurs Jean-Baptiste Fressoz, Pablo Servigne, Claire Lévy ont dressé à la tribune le sombre tableau de la situation climatique. L’écrivain franco-américaine Susan George (Attac) a proposé ses services pour des actions de désobéissance, «si vous avez besoin d’une dame de 85 ans». Les musiciens de l’«Orchestre debout» (né pendant le mouvement Nuit Debout) avaient auparavant joué «Va pensiero» (Nabucco) mais aussi «Le déserteur» et «Bella ciao», longues minutes de solennité et ferveur pour les participants de ce nouveau mouvement. Une prochaine série d’actions est prévue la semaine du 15 avril.

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