France

Le froid peut-il vraiment mettre fin à l’épidémie de dermatose nodulaire bovine ?

La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détectée le 29 juin 2025 en Savoie, et 117 foyers ont été identifiés dans onze départements en France en six mois. La vaccination a commencé mi-décembre, et il est estimé qu’il faut que 95 % des élevages soient correctement vaccinés pour considérer le territoire à l’abri du virus.

La vague de froid qui touche la France depuis plusieurs jours pourrait avoir des effets positifs sur l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Cette maladie virale, détectée le 29 juin 2025 en Savoie, est très nuisible pour la santé des bovins et peut entraîner leur mort.

En six mois, 117 foyers ont été recensés dans onze départements français. Grâce à des mesures d’abattages préventifs, contestées par certains éleveurs, et à une vaccination massive, les basses températures créent un environnement propice pour éliminer complètement le virus. François Schelcher, enseignant-chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse, et Yves Millemann, professeur en pathologie des animaux de production à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, partagent leur analyse dans 20 Minutes sur les dernières évolutions concernant l’épidémie.

Le froid peut-il aider à réduire l’épidémie ?

« Globalement, la réponse est oui », déclare François Schelcher. « Les températures négatives vont considérablement diminuer les populations de stomoxes [mouches piqueuses], voire, lorsqu’il fait -5 °C, les éliminer localement à l’extérieur. » Les taons, qui transmettent également la DNC, ne se trouvent pas à l’intérieur, et dans les conditions froides actuelles, la majeure partie des animaux est à l’intérieur. « Dans les étables, où les conditions sont plus favorables qu’à l’extérieur, il existe des endroits où les stomoxes peuvent rester actifs », ajoute Yves Millemann.

Il est donc important de noter que la population des insectes vecteurs chute avec les températures négatives, ce qui réduit également les risques de transmission.

À quel moment les mesures montreront-elles leur efficacité ?

La vaccination, qui a débuté par les élevages proches des foyers identifiés, a commencé à la mi-décembre. « On estime qu’au niveau d’un ensemble d’animaux, au moins trois quarts doivent être protégés pour bloquer la circulation du virus », souligne François Schelcher. « À l’échelle du territoire, il faut extrapoler et considérer qu’il est protégé quand 95 % des élevages sont correctement vaccinés. » Lorsque le dernier élevage sera vacciné vers le 15 janvier, une immunité au sein de la population bovine devrait être atteinte, mais le risque diminuera progressivement, préviennent les experts.

« Il est essentiel de rester vigilant, car il est clair qu’il y a eu des mouvements illégaux d’animaux, et certains ont été retrouvés positifs avec des lésions », met en garde le professeur Yves Millemann. Cela a contribué à l’émergence de nouveaux cas, ce qui pourrait retarder la fin de l’épidémie.

Peut-on envisager une éradication définitive de ce virus ?

« Dans deux à trois mois, il ne devrait probablement plus y avoir de cas de DNC, mais il est possible que de nouveaux cas importés apparaissent dans les années à venir », indique l’enseignant-chercheur de l’école vétérinaire de Toulouse.

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Après l’éradication de ce virus, il n’y aura pas de persistance sur le territoire, ni de cas autochtones possibles. « C’est ce qui justifie la rigueur des mesures qui peuvent sembler inacceptables à certains », ajoute-t-il. « L’objectif est de se débarrasser du virus le plus rapidement possible. »