Le député LREM Bruno Questel révèle avoir été violé quand il était enfant

Le député LREM de l’Eure, Bruno Questel. (archives) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

C’est une prise de parole rare : celle d’un député qui révèle avoir été violé dans son enfance. C’est le message que Bruno Questel, député LREM de l’Eure, a envoyé sur Twitter lundi. « Il n’était pas de ma famille, il était du village ; de ces lieux où la famille est grande. J’avais 11 ans. Je n’ai jamais oublié. Aucune excuse possible. Aucun pardon possible. Aucun repos pour les auteurs de ces actes. Il faut s’indigner toutes les secondes. »

Bruno Questel répondait à une déclaration de l’ancien ministre socialiste Jack Lang, qui disait qu’il ne pouvait pas s’indigner « chaque minute » au sujet de l’affaire Olivier Duhamel.

C’est effectivement cette affaire, révélée par le livre de Camille Kouchner, La Familia grande, qui a provoqué ce qu’on a désormais coutume d’appeler une nouvelle « libération de la parole ». En tout cas une prise de parole de victimes d’inceste cette fois mieux entendue grâce à caisse de résonance de Twitter, avec le hashtag #MeTooInceste. Sans utiliser lui-même le hashtag, Bruno Questel y participe d’une certaine manière.

« Ce sont des vies qui sont broyées, on vit avec ça toute sa vie. »

Le député a ensuite témoigné chez nos confrères et consœurs de Paris Normandie et de France Bleu Normandie. « Je souhaitais à travers ce tweet dire « stop » à une forme de discours que je trouve insupportable, selon lequel à l’époque la liberté dans toute sa dimension pouvait justifier des débordements de la sorte. Quand on a été victime de ça, il n’y a pas une seconde où quelque chose, un fait, une parole, un geste, une nouvelle, ne vous ramène pas à cela. Y compris au moment précis. Ce sont des vies qui sont broyées, on vit avec ça toute sa vie. Non il n’y a pas de place pour le pardon, pas de place pour l’oubli, il faut s’indigner toutes les secondes, ne pas oublier les victimes. Ce n’est pas réparable. »

Bruno Questel, 54 ans aujourd’hui, espère que plus d’enfants victimes de ces viols parleront. « Il faut parler, que la puissance publique mette en place les outils d’accueil, que les parents soient très forts », indique-t-il à France Bleu Normandie, sans dire qu’il compte faire des propositions particulières sur cette question à l’Assemblée nationale.

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