Le Crédit Agricole en grève ce jeudi, un événement rare.
Plusieurs syndicats appellent à un débrayage ce jeudi, regrettant des augmentations de salaires insuffisantes et la mise en place d’un plan de transformation menaçant l’emploi. Quelque 78.000 salariés de la fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA) sont invités à arrêter le travail deux heures ce jeudi, voire une demi-journée ou une journée pour ceux qui le souhaitent.
Pour les clients du Crédit Agricole, il se pourrait qu’un déplacement dans une agence de cette banque ne soit possible qu’à partir de vendredi. En effet, plusieurs syndicats appellent à un débrayage ce jeudi, exprimant leur mécontentement face à des augmentations de salaires jugées insuffisantes et à la mise en place d’un plan de transformation qui menace les emplois.
Ce mouvement social est presque sans précédent. La grève est rare dans le secteur bancaire, surtout dans une banque mutualiste comme le Crédit Agricole. Ce jour de mobilisation a même été décrit comme une « grande première » dans une communication syndicale adressée la semaine dernière aux salariés.
### Quelque 78.000 salariés concernés
Les près de 78.000 salariés de la fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), regroupant 39 caisses régionales et plusieurs filiales associées, sont invités à cesser le travail pendant deux heures ce jeudi, avec la possibilité d’une demi-journée ou d’une journée entière d’arrêt pour ceux qui le souhaitent.
Le secrétaire national de Sud-Crédit agricole Mutuel (Sud-Cam), Jean-Yves Salvat, dénonce un « manque de respect » de la direction lors des négociations salariales de fin d’année dernière et appelle à leur réouverture. Les syndicats n’ont pas accepté l’échec de ces négociations, qui ont abouti à une augmentation générale d’environ 0,5 %. Selon François-Xavier Heulle, directeur général adjoint de la FNCA en charge des ressources humaines, « la négociation a été forcément une négociation difficile », en mettant l’accent sur la possibilité d’augmentations individuelles décidées par les caisses régionales, qui sont des banques coopératives autonomes.
### Une mutualisation de certains métiers contestée
Les syndicats s’inquiètent également des effets d’un plan de mutualisation de certains métiers lancé par la direction et intitulé « efficacité ». Ce programme vise à « être un peu plus « industriel » dans la façon de traiter les opérations » entre les caisses régionales du Crédit Agricole, selon Eric Gonce, directeur adjoint de la FNCA en charge de la transformation et de la performance.
L’objectif de ce plan est de « essayer de baisser la masse salariale en regroupant des services partout en France », selon Jean-Yves Salvat, qui évoque une menace sur 150 postes dans la caisse régionale du Centre Ouest, qui couvre les départements de la Haute-Vienne et de l’Indre.
Les syndicats surveillent également le nombre d’agences, dont la diminution a commencé au début des années 2010. Sud-Cam a noté une accélération de ce phénomène, avec 112 agences fermées l’an dernier, soit deux fois plus que les années précédentes.
Le Crédit Agricole, cependant, ne rencontre pas de problèmes de rentabilité : le bénéfice net part du groupe des caisses régionales frôle les 3,2 milliards d’euros pour les trois premiers trimestres de 2025. La banque a également vu l’arrivée en mai 2025 d’un nouveau directeur général au sein de l’entité cotée du groupe (Casa), Olivier Gavalda.

