Le chèque, moyen de paiement le plus fraudé en France en 2018

Une personne signe un chèque (Illustration). — Mychele Daniau/AFP

  • L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements, piloté par la Banque de France, a présenté son bilan 2018 ce mardi.
  • Le chèque représente 43 % des montants fraudés.
  • Les paiements sans contact ont un taux de fraude extrêmement faible.

De moins en moins utilisé, mais de plus en plus fraudé. La Banque de France a publié ce mardi son bilan 2018 de la fraude aux moyens de paiements « scripturaux » (chèque, carte, virement, prélèvement), et le chèque fait figure de mauvais élève. L’année dernière, 450 millions d’euros ont été fraudés via les chéquiers, un montant en hausse de 53 % par rapport à 2017 ! Le vol et la falsification (grattage, gommage) sont les deux principales méthodes des fraudeurs.

Au total, le chèque représente désormais 43 % du total de la fraude constatée en 2018 (1,04 milliard d’euros). Et ce, alors même que les Français signent de moins en moins de chèques (leur nombre a baissé de 9 % en un an, à environ 1,7 milliard en 2018). Comment expliquer ce paradoxe ? « Notre sentiment, c’est qu’au fur et à mesure qu’on progresse sur la sécurité des autres moyens de paiements, les fraudeurs se reportent sur le maillon plus fragile qu’est le chèque, indique François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Par ailleurs, certains montants fraudés via les chèques peuvent être très importants, ce qui peut aussi expliquer les fortes variations d’une année sur l’autre ».

Les transactions internationales dans le viseur

Derrière le chèque, la carte bancaire est le deuxième moyen de paiement le plus fraudé, avec 439 millions d’euros détectés en 2018. Le montant de la fraude est de 70,50 euros en moyenne. Ce sont surtout les transactions internationales (paiement/retrait avec une carte française à l’étranger ou paiement/retrait avec une carte étrangère en France) qui sont les plus problématiques.

Pourquoi une telle différence ? « Cela s’explique par le fait que la France a été très proactive dans ce domaine depuis des années, explique Alexandre Stervinou, secrétaire de l’Observatoire des moyens de paiements. La collaboration entre les établissements bancaires et les autorités a peut-être été moins forte ailleurs. Par ailleurs, certaines fraudes, comme par exemple la copie de carte, existent dans certaines parties du monde, mais sont quasi-impossibles en France. »

Des paiements sans contact peu fraudés

La Banque de France s’intéresse aussi aux paiements sans contact : l’année dernière, le nombre d’opérations de ce type a bondi de 82 %, pour représenter 24,4 milliards d’euros de transactions. Malgré cette progression, le taux de fraude constaté reste plutôt stable, à 0,02 %. « La fraude sur les paiements sans contact résulte seulement du vol ou de la perte de la carte », rappelle la Banque de France. L’existence d’un plafond de paiement sans contact (autour de 30 euros), tout comme l’obligation de ressaisir son code confidentiel après un certain nombre d’opérations, permettent de limiter le préjudice.

Au final, si les montants fraudés peuvent paraître importants (dont les 450 millions d’euros pour le chèque), il faut les comparer avec le montant total des transactions enregistrées par les banques françaises : 27.704 milliards d’euros. Le taux de fraude du chèque, le plus élevé, n’atteint ainsi que 0,05 %, alors que les virements (0,0004 %) ou les prélèvements (0,003 %) n’enregistrent quasiment aucune fraude.

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