France

Le boom des vélos et trottinettes électriques débridés en trois clics

En 2024, il s’est vendu en France 615.000 trottinettes électriques et 565.000 vélos à assistance électrique, selon des données de l’ANUMME. Le débridage d’un engin afin de lui permettre de dépasser sa vitesse maximale autorisée de 25 km/h « est puni d’un an d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende » et de 1.500 euros d’amende, avec mise en fourrière possible en cas d’usage sur la voie publique.


Le frein enfoncé, cinq pressions successives sur le bouton d’allumage, et « un mode secret » apparaît sur l’écran. De nombreux tutoriels vidéo pour débrider certains modèles de trottinettes et de vélos électriques circulent sur les réseaux sociaux. « Pour certains modèles de trottinettes, un kit à 40 euros suffit ; c’est tellement simple de les débrider que je pense que les fabricants le font exprès », déclare à 20 Minutes Mehdi, 19 ans, qui a réalisé le tuto cité.

« Je reçois des dizaines et des dizaines de messages de personnes me demandant comment débrider tel ou tel modèle », ajoute celui qui a accumulé des millions de vues sur son TikTok Mehdi. Trot. « Et je tiens à le préciser tout de suite : C’est parfaitement illégal de débrider une trottinette ou un vélo pour qu’il dépasse les 25 km/h », avertit le jeune Marseillais.

En effet, débrider un engin pour lui permettre de dépasser sa vitesse maximale autorisée (25 km/h) « est puni d’un an d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende » et de 1.500 euros d’amende, avec possible mise en fourrière en cas d’usage sur la voie publique, rappelle le site du gouvernement.

Pour les vélos, le débridage peut être plus complexe et nécessiter l’installation de kits, similaires à ceux requis pour certaines trottinettes. On peut en trouver facilement pour entre 50 et 150 euros selon les modèles. Et pour l’installation ? Certains bricoleurs s’annoncent sur les réseaux sociaux ou LeBonCoin. Les magasins physiques, quant à eux, semblent réticents à faire de telles propositions.

Sur l’autoroute… en vélo électrique

Si la plupart des trottinettes et vélos électriques peuvent atteindre 50 km/h une fois débridés, certains modèles, plus coûteux mais bridés à 25 km/h, peuvent atteindre près de 100 km/h après modifications. Leur conducteur peut ainsi risquer de se faire attraper par la police. Tel a été le cas fin février à Veuzain, dans le Loir-et-Cher, où des gendarmes ont intercepté un utilisateur dont le véhicule pouvait aller jusqu’à 100 km/h. Un autre incident a eu lieu sur l’A50 entre Marseille et Toulon fin novembre, lorsqu’un équipage de police a été doublé par un adolescent de 16 ans circulant à plus de 90 km/h sur un vélo électrique modifié, utilisant jusqu’à 5.000 watts de puissance, alors que la réglementation les limite à 250 watts.

« J’ai actuellement une trottinette qui peut atteindre 90 km/h, dit Mehdi. Mais elle a des roues de 12 pouces, des amortisseurs et des freins hydrauliques. Beaucoup de gens débrident leur trottinette, car être limité à 25 km/h en ville, à Marseille, entouré de voitures et de deux-roues à 50 km/h, est dangereux », souligne le jeune homme.

Créer différentes catégories et autoriser sur route

Pour rappel, le Code de la route stipule qu’à l’intérieur d’une agglomération, les conducteurs de trottinettes électriques doivent circuler sur des pistes et bandes cyclables (encore rare à Marseille). En l’absence de ces infrastructures, ils peuvent emprunter les routes où la vitesse maximale autorisée est de 50 km/h ou moins.

Ces véhicules sont devenus un moyen de transport urbain, voire interurbain. En 2024, 615.000 trottinettes électriques ont été vendues en France (environ 3,6 millions depuis 2020) ainsi que 565.000 vélos à assistance électrique, d’après l’ANUMME, l’Association nationale des utilisateurs de micro mobilité électrique. Les prix varient de 200 à plus de 1.000 euros pour une trottinette, et de 700 à plus de 3.000 euros pour un vélo.

« Il faudrait classer ces engins en trois catégories selon leur vitesse maximale et leur qualité. Une pour celles limitées à 25 km/h, une jusqu’à 50 km/h et une dernière catégorie au-delà », suggère Mehdi. Cela impliquerait éventuellement une formation et des équipements de sécurité.