« L’animateur accusé d’agressions sexuelles sur 13 mineurs parle d’« inventions » »
L’homme de 60 ans, accusé d’agressions sexuelles sur 13 enfants de maternelle à Rezé (Loire-Atlantique) entre janvier 2017 et mars 2019, a affirmé lors de son procès qu’il « ne suis pas un pédophile » et a contesté les faits qui lui sont reprochés. Vingt-deux signalements ont été adressés au procureur de la République en 2019, dont quatorze ont fait l’objet d’une instruction, et treize ont été retenus par la justice.
Un homme de 60 ans, bientôt 61, se tient lundi matin à la barre du tribunal correctionnel de Nantes, où il est accusé d’agressions sexuelles sur treize enfants de maternelle à Rezé (Loire-Atlantique) entre janvier 2017 et mars 2019. Les victimes avaient toutes moins de 5 ans et demi.
Le débat présente une ambivalence saisissante. D’un côté, un sexagénaire sûr de lui et impulsif; de l’autre, le calme digne des parents parties civiles. L’une d’elles serre la photo de sa fille, encore très jeune. Une autre reste immobile, les mains sur la bouche. Les paroles de cet ancien employé périscolaire, oscillant entre sanglots et élévation de la voix tout en interrompant régulièrement avocats et présidente, ne laissent pas l’audience indifférente.
« Je ne suis pas un pédophile », déclare le prévenu après quatre heures d’une audience tendue. Tout au long de la matinée, l’homme, peu à l’aise, qui boit de grandes quantités d’eau, conteste les accusations. « Jamais je n’ai fait quoi que ce soit à un enfant », maintient-il, bien que les accusations soient graves et similaires, évoquant des caresses sur les fesses, des « guilis » sur le clitoris et de l’exhibition.
« Je n’en voudrais jamais à ces enfants », s’exclame-t-il, sous les regards stupéfaits des parents. « On a tous été enfant, moi-même j’ai pu inventer des choses à cet âge. » Me Grimaud, avocate représentant dix familles, souligne que chaque intervention de l’ancien animateur soulève des doutes sur les déclarations des enfants. « Ces choses qu’ils disent avoir subies, il se peut qu’elles viennent d’autres personnes », se défend le prévenu. Le procureur de la République rétorque : « Si les treize enfants ont tous été agressés par un tiers, vous n’avez vraiment pas de chance. On a le sentiment que vous êtes la victime de la procédure. »
Le prévenu se décrit comme un homme « hypersensible » en quête d’affection. Il évoque ses propres souffrances, mentionnant le décès de sa mère « au cours d’un avortement clandestin » et des problèmes de santé durant son enfance. Lorsqu’une avocate lui demande de parler de son premier amour, il reconnait avoir eu une relation à 21 ans avec une jeune fille de 14, mais insiste sur le fait qu’il n’a jamais eu de rapports sexuels avec elle.
Depuis 2013, des problèmes de dos l’empêchent d’avoir des relations sexuelles avec sa femme actuelle. Ces mêmes problèmes auraient contribué à sa réorientation professionnelle. Toutefois, la présidente questionne son choix d’accepter un poste d’animateur auprès de jeunes enfants alors que sa santé ne le permettait pas, soulignant qu’il n’avait jamais travaillé avec des mineurs auparavant.
Les expertises psychologiques semblent écarter un lien entre sexualité et manque d’affection, mais mettent en avant « une part infantile vive qui demeure encore à l’âge adulte » chez cet homme qui dit « adorer les enfants » ainsi que les adultes.
Interrogé sur sa proximité « reprochée » avec les enfants du périscolaire du Chêne-Creux, il admet avoir eu des enfants sur les genoux et les avoir touchés pour les saluer, tout en clamant que ce sont les enfants qui venaient vers lui. Sa défense maladroite suscite l’agitation dans l’audience des parents.
Dans cette affaire, vingt-deux signalements avaient été adressés au procureur de la République en 2019. Quatorze ont donné lieu à une enquête, et treize ont été retenus par la justice, impliquant neuf filles et quatre garçons. Ce mardi, les parties civiles seront entendues.

