Lait infantile : À quel âge les enfants doivent-ils arrêter le biberon ?
Des lots de lait infantile du groupe Vitagermine ont été rappelés dimanche, après ceux de marques Lactalis, Nestlé et Danone, en raison d’un risque de contamination de céréulide. Selon Brigitte Virey, présidente d’honneur du Syndicat national des pédiatres français (SNPF), « la composition des laits infantiles correspond aux besoins de l’alimentation des nourrissons », car ils sont enrichis en fer et contiennent moins de protéines et de perturbateurs endocriniens que les laits de vache.
Des lots de lait infantile du groupe Vitagermine ont été rappelés dimanche, après ceux des marques Lactalis, Nestlé et Danone. Ce rappel fait suite à un risque de contamination par la céréulide, une toxine produite par certaines bactéries. Alors que certains parents s’interrogent sur l’alimentation de leur nourrisson, *20 Minutes* a sollicité l’avis de trois pédiatres pour savoir à quel âge les enfants non allaités peuvent arrêter le lait infantile.
L’Organisation mondiale de la santé préconise un allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois. Les laits infantiles sont essentiels pour les enfants nourris au biberon. Jusqu’à quatre mois, ils constituent leur seule source de nutrition. Même après l’introduction d’autres aliments, le lait demeure la base de leur alimentation.
### Des laits industriels dont les formules se rapprochent du lait maternel
« La composition des laits infantiles correspond aux besoins nutritionnels des nourrissons », indique Brigitte Virey, présidente d’honneur du Syndicat national des pédiatres français (SNPF). « Ils sont enrichis en fer, en acides gras essentiels, en zinc, en vitamines, et contiennent moins de protéines, de sodium et de perturbateurs endocriniens que les laits de vache disponibles dans le commerce. » Le docteur Pham-Thi, médecin allergologue pédiatre à Paris, ajoute : « Ces laits peuvent aussi être enrichis en probiotiques, ce qui est utile pour les enfants ayant un tube digestif sensible ou un terrain allergique. »
« La société française de pédiatrie recommande vivement de poursuivre les laits de croissance bien au-delà de trois ans », précise le docteur Patrick Tounian, vice-président de la Société française de pédiatrie et chef du service de nutrition et gastro-entérologie pédiatriques à l’Hôpital Trousseau, à Paris. « Ces laits assurent aux enfants des apports en fer. L’alternative à ces laits est la consommation de viande en quantité relativement importante. En général, les enfants ne sont pas capables d’ingérer suffisamment de viande pour couvrir leurs besoins en fer avant 5, 6 ans », souligne-t-il. « Un biberon le matin jusqu’à 5, 6 ans, cela n’a jamais fait de mal à personne, et cela n’infantilise pas l’enfant », complète-t-il.
### Des formules végétales qui ne couvrent pas les besoins
Cependant, dans la pratique, beaucoup de familles arrêtent d’utiliser ces laits avant l’âge de trois ans. « Si l’enfant peut avoir un lait jusqu’à douze mois minimum, c’est bien », note Brigitte Virey. « Des familles font autrement, » insiste le docteur Tounian. Les trois médecins sont unanimes sur le fait que les formules végétales, telles que le lait de riz, ne conviennent pas pour l’alimentation quotidienne. « Elles ne sont indiquées que dans des cas sérieux d’allergie », prévient le docteur Pham-Thi. « Dans ce cas, il faut privilégier des laits infantiles avec des formules sans protéines de lait de vache. » Brigitte Virey et Patrick Tounian s’accordent à dire que « les laits végétaux ne sont pas une bonne idée, car leurs compositions ne répondent pas aux besoins des nourrissons, qui pourraient devenir dénutris. »
« Quand l’enfant a dépassé douze mois, qu’il est bien diversifié et qu’il n’est pas en carence, les familles font comme elles peuvent et veulent avec le lait infantile, qui doit être considéré comme un bonus. Ces familles, si elles n’ont pas trop de choix, peuvent aussi utiliser du lait de vache standard, en veillant à diversifier l’alimentation avec des légumineuses, de la viande rouge ou du boudin noir », conclut le docteur Pham-Thi, qui recommande : « En cas de question ou de doute sur le lait ou l’alimentation de votre enfant, n’hésitez pas à en discuter avec votre pédiatre. »

