France

« L’Affaire Laura Stern », un thriller sociétal avec Valérie Bonneton

Camille a été hospitalisée après une tentative de suicide, et Laura se rend à l’hôpital pour la voir en se faisant passer pour sa sœur. Le scénario de L’Affaire Laura Stern est signé par Frédéric Krivine et Marie Kremer, et la série a reçu le prix de la meilleure série dramatique au Festival de la fiction télé de La Rochelle.


Camille a été hospitalisée suite à une tentative de suicide. Laura se précipite à l’hôpital pour lui rendre visite, se présentant comme sa sœur. « Faut pas gâcher votre vie comme ça », lui dit-elle en arrivant à son chevet. Les deux femmes se connaissent grâce à un groupe de soutien pour femmes victimes de violences conjugales, animé par la visiteuse surprise. Leur échange dans la chambre blafarde est interrompu par l’arrivée de Jean-Marie, le mari de Camille, qui, furieux, déclare à l’infirmière que Laura n’est pas sa sœur mais « une folle qui harcèle [sa] femme ».

Ce mercredi d’avril 2025, cette scène de l’épisode 2 de *L’Affaire Laura Stern* est filmée dans un hôpital désaffecté à Nancy. La série a été diffusée le 11 mars sur France 2, et est également disponible sur la plateforme france.tv depuis le 19 février et sur HBO Max. Camille est interprétée par Pauline Parigot, Jean-Marie par Yannick Renier, et le rôle principal, Laura Stern, par Valérie Bonneton. Laura est une pharmacienne qui, dans son arrière-boutique, reçoit, écoute et conseille des victimes de violences conjugales. Un jour, après une de ces réunions, une participante est assassinée par son ancien compagnon en pleine rue, sous les yeux de Laura. Cet événement marque un tournant pour elle, qui va agir à sa manière contre la violence masculine.

Les dilemmes moraux soulevés par l’intrigue ne sont pas évités. Le scénario est coécrit par Frédéric Krivine, créateur de la série *Un village français*, et Marie Kremer, qui jouait l’institutrice Lucienne dans cette même série. « Leur note d’intention rappelait que les féminicides se répètent en France tous les trois jours, souligne le producteur Emmanuel Daucé. C’est insupportable. On a l’impression que la police et la justice ne font rien, qu’elles sont impuissantes. Si, dans la vie, on ne peut rien y faire, nous, on peut essayer de faire quelque chose, en fiction. »

Le résultat est qualifié de « thriller sociétal » par la productrice Léa Gabrié, qui met en avant les différentes formes de violences faites aux femmes, qu’elles soient physiques ou psychologiques, touchant toutes les classes sociales. « Parfois, on ne se doute pas qu’une femme peut vivre un enfer tout en donnant le change, et ça, c’est l’un des messages à transmettre », précise Valérie Bonneton. Le scénario aborde sans détours les questions morales soulevées par les actions de Laura Stern.

Le réalisateur Akim Isker a accepté ce défi avec enthousiasme. « Dans les projets que je développe, j’essaye de travailler sur des sujets qui nous interrogent sur l’humain et les rapports humains », explique-t-il. C’est également lui qui a suggéré Valérie Bonneton pour le rôle principal.

Sa présence a été une évidence. « Comme le sujet n’est pas facile, le public ne fera pas forcément la démarche de venir vers nous. Valérie Bonneton, connue surtout pour ses rôles comiques et rarement vue dans le drame, avait tout pour guider le spectateur dans l’histoire », ajoute Léa Gabrié.

Akim Isker et Valérie Bonneton se sont préparés en assistant à des groupes de parole réunissant des femmes victimes de violences. Certaines de ces femmes ont même rejoint le casting aux côtés des actrices professionnelles.

Valérie Bonneton, que nous avons rencontrée lors d’une journée de tournage à Nancy, a partagé son expérience « incroyable ». « J’ai le sentiment d’être en immersion totale dans l’histoire, et c’est vraiment ce que j’attends d’un tournage. C’est l’une des rares fois où je n’ai pas l’impression de tourner tellement je suis dans l’histoire, avec toutes ces femmes. Il y a comme un lien qui nous relie toutes et qu’on ressent de manière naturelle. »

La comédienne espère que cette série engendrera « une prise de conscience » sur la problématique des violences faites aux femmes. Les premières réactions semblent prometteuses : *L’Affaire Laura Stern* a été présentée en septembre au Festival de la fiction télé de La Rochelle, où elle a remporté le prix de la meilleure série dramatique. Valérie Bonneton se souvient encore de la présentation au public : « C’était un choc. La salle était debout, les gens pleuraient, se prenaient dans les bras. C’était très émouvant. Il y a eu beaucoup de discussions après la projection. »