L’actrice Allison Mack, de «Smallville», plaide coupable d’extorsion pour une secte sexuelle

L’actrice américaine Allison Mack à sa sortie du tribunal, à New York, le 8 avril 2019. — Mark Lennihan/AP/SIPA

« J’étais un membre d’une société secrète fondé par Keith Raniere. » En larmes, l’actrice américaine Allison Mack, révélée par la série Smallville, a plaidé coupable d’extorsion pour le bénéfice d’une secte sexuelle, lundi. Accusée d’avoir recruté des jeunes femmes devenues des « esclaves », elle risque jusqu’à 40 ans de prison et sera fixée sur sa peine le 11 septembre.

Notamment inculpée pour trafic sexuel, la comédienne de 36 ans a plaidé coupable de deux chefs moins graves (extorsion et association de malfaiteurs, chacun passible de 20 ans de réclusion) et évitera ainsi un procès, contrairement au gourou Keith Raniere.

Bras droit du gourou

La saga Nxivm (prononcé Nexium) s’est déroulée en deux temps. Fondée en 1998 par l’Américain Keith Raniere, l’entreprise fonctionnait comme une organisation pyramidale, organisant des séminaires de développement personnel et professionnel facturés plusieurs milliers de dollars, ainsi que des ateliers en ligne. Selon une enquête du New York Times, elle aurait compté jusqu’à 16.000 clients, principalement en Amérique du Nord, dont plusieurs jeunes femmes célèbres, comme les actrices de la série Smallville Kristin Kreuk et Allison Mack, mais aussi Clare Bronfman, héritière de l’empire canadien des spiritueux Seagram.

A une date indéterminée, Keith Raniere a fondé au sein de Nxivm le club secret DOS (Dominus Obsequious Sororium), une secte organisée dans le but de le servir. Selon le procureur, Allison Mack est devenue son bras droit.

Jusqu’à 150 « esclaves » marquées avec un stylo à cautériser

Selon l’acte d’accusation, Alisson Mack a utilisé sa célébrité pour attirer jusqu’à 150 « esclaves ». Toutes ces femmes s’étaient notamment engagées à avoir des relations sexuelles avec Keith Raniere au gré du gourou présumé. Avant d’être acceptées comme « esclaves », elles devaient fournir divers éléments compromettants pour elles (photos, lettres, documents) que l’organisation se réservait le droit de rendre publics si elles essayaient de la quitter.

Les jeunes femmes devaient aussi subir un « marquage » consistant à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Raniere, à l’aide d’un stylo à cautériser qui brûlait les chairs. La victime était maintenue immobile par d’autres femmes et chaque séance était filmée. Une « esclave » pouvait devenir une « maîtresse » à condition de recruter d’autres jeunes femmes. Devant le juge, Alisson Mac l’a reconnu devant le juge : « Certaines femmes du groupe effectuaient des tâches pour moi », et le système était « conçu pour leur faire croire qu’elles feraient face à de graves conséquences en cas de refus ».

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