La Turquie se dit prête à une opération en Syrie

Un bus conduit des soldats turcs à la frontière entre la Turquie et la Syrie, le 8 octobre 2017. — ILYAS AKENGIN / AFP

Les préparatifs de la Turquie à la frontière avec la Syrie  en vue d’une possible opération dans ce pays sont terminés, a annoncé samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan, avant des entretiens avec Donald Trump.

« Nos préparatifs le long de la frontière ont été achevés », a dit Recep Tayyip Erdogan à des journalistes à Istanbul avant de partir pour New York où se déroulera l’Assemblée générale de l’ONU.

Créer une zone-tampon

Un accord a été conclu le mois dernier entre les Etats-Unis et la Turquie pour créer une zone tampon dans le nord-est de la Syrie. Celle-ci doit séparer la frontière turque des territoires aux mains de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée par Ankara comme un « groupe terroriste ».

Cette milice, le fer de lance des Forces démocratiques syriennes (FDS), a été un partenaire clé de Washington dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Recep Tayyip Erdogan avait auparavant averti Washington que la Turquie lui donnait jusqu’à la fin septembre pour des résultats concrets dans la mise en place de cette zone tampon et que sinon elle déclencherait une opération contre la milice kurde. Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu avait accusé les Etats-Unis de faire des efforts « uniquement cosmétiques » sur ce projet.

Accueillir des millions de réfugiés syriens

Cette question sera discutée par les présidents américain et turc au cours de la visite de Recep Tayyip Erdogan à New York. Début septembre, les Turcs et les Américains avaient effectué leur première patrouille commune dans le nord-est de la Syrie, dans le secteur censé se transformer en zone tampon dite « zone de sécurité ».

Des hélicoptères turcs et américains ont également effectué des patrouilles aériennes, a rapporté samedi l’agence officielle de presse Anadolu. La zone est censée éloigner les Unités de protection du peuple de la frontière turque.

Recep Tayyip Erdogan a également déclaré que jusqu’à trois millions de Syriens pourraient être rapatriés dans la zone en provenance d’Europe et de Turquie où plus de 3,7 millions d’entre eux se sont réfugiés.

Tensions diplomatiques

Le soutien accordé par les États-Unis à la milice des YPG a tendu les relations avec la Turquie. Mercredi, un responsable du Pentagone avait souligné que les Etats-Unis continuaient d’équiper les forces kurdes en armes et en véhicules pour qu’elles luttent contre l’EI dans le nord-est de la Syrie, malgré l’établissement de la zone de sécurité à la frontière turque.

Ankara affirme que la milice des YPG est une émanation « terroriste » du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui s’est engagé en 1984 dans une lutte armée contre l’Etat turc.

« Nous ne voulons pas entrer en confrontation avec les Etats-Unis. Mais nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’ignorer le soutien que les Etats-Unis accordent aux organisations terroristes », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

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