La Suisse retirée de la liste des paradis fiscaux

La Suisse est sortie de la liste dite « grise » des paradis fiscaux. — M.ASTAR/SIPA

Estimant que le pays « se conforme à tous les engagements en matière de coopération fiscale », l’Union européenne a retiré, ce jeudi, la Suisse de sa liste dite « grise » des paradis fiscaux.

La Suisse faisait partie de la liste dite « grise », qui regroupe tous les mauvais élèves en matière fiscale ayant pris des engagements non encore concrétisés, depuis le début de son établissement par l’UE le 5 décembre 2017. « Si la Suisse sort de cette liste, c’est un succès pour moi. La meilleure liste, c’est la plus courte », s’est félicité Pierre Moscovici, le Commissaire européen aux Affaires économiques.

La Suisse « offre encore aux entreprises des incitations fiscales importantes » selon les ONG

L’ONG Oxfam, qui lutte contre l’évasion fiscale, a en revanche regretté cette décision de la part des ministres des Finances de l’UE. « La Suisse a aboli ses régimes fiscaux préférentiels, mais elle offre encore aux entreprises des incitations fiscales importantes et des taux bas. Cela continuera probablement d’attirer les entreprises qui cherchent à éviter de payer leur juste part d’impôt », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La Suisse avait adopté une réforme fiscale en octobre 2018, mais sa mise en œuvre et son entrée en vigueur avaient été retardées en raison d’un référendum. Les modifications sont maintenant entrées en vigueur et seront appliquées à partir du 1er janvier 2020. Hormis la Suisse, quatre pays ont également quitté cette liste grise : l’Albanie, le Costa Rica, l’île Maurice et la Serbie, selon un communiqué de l’UE publié lors d’une réunion des 28 ministres européens des Finances à Luxembourg.

Encore neuf pays et territoires sur la liste noire

Les Émirats Arabes Unis et les îles Marshall ont pour leur part quitté la liste noire des paradis fiscaux, qui regroupe les pays ou territoires considérés comme « non coopératifs », c’est-à-dire n’ayant pas pris d’engagement de bonne conduite en matière fiscale. La liste noire regroupe de plus « mauvais élèves » que la liste grise puisque ces derniers n’ont jusqu’ici rien promis à l’UE. Ils sont au nombre de neuf sur cette liste noire : les Samoa américaines, le Belize, les Fidji, Guam, Oman, le Samoa, Trinité-et-Tobago, les Îles Vierges américaines et le Vanuatu.

Les ministres des Finances de l’UE avaient dressé pour la première fois ces deux listes (noire et grise) il y a un peu moins de deux ans à la suite de plusieurs scandales, dont les Panama Papers​ et LuxLeaks, pour mieux lutter contre l’évasion fiscale des multinationales et des grandes fortunes. Les sanctions à l’encontre des pays « blacklistés » sont assez limitées : il est simplement prévu de geler les fonds européens qu’ils auraient pu recevoir.

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