La Réunion : L’agriculture locale sinistrée après le passage du cyclone Batsirai

La chambre d’agriculture de La Réunion a estimé à 47 millions d’euros les dégâts infligés aux exploitations agricoles par le passage du cyclone intense Batsirai à proximité de l’île le 3 et le 4 février. Ce bilan sera présenté à Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer qui sera dans l’île de dimanche à mardi. Sur ces 47 millions d’euros, « le secteur végétal, les maraîchages, les cultures de fleurs, l’arboriculture… enregistre à lui seul 44 millions de pertes », a souligné vendredi Frédéric Vienne, président de la chambre d’ agriculture.

L’impact des pluies diluviennes et des rafales de vent soufflant parfois à 150 km/h « n’a pas été le même partout mais toutes les régions de l’île ont été touchées », remarque le dirigeant agricole. Plus de 900 hectares de fruits et légumes ont été perdus. 50 % des serres et des structures hors-sols ont été touchées.

L’état de catastrophe naturelle reconnu

Mercredi, l’Etat a reconnu l’état de catastrophe naturelle pour 19 des 24 communes de La Réunion. « Il faudrait que toute l’île soit placée sous ce statut », estime Thierry Silotia, secrétaire adjoint de la chambre d’agriculture : « certains exploitants ont tout perdu ». Les principales cultures de Stéphane Fontaine, un agriculteur à Saint-Pierre (sud de l’île) ont été ravagées.

« Entre les plants perdus, les serres et le système d’irrigation endommagés, il y a en a pour 25.000 et 30.000 euros euro de dégâts », calcule-t-il en poussant du pied une cagette de fruits de la passion abîmés. « Sur les 80 cagettes de fruits de la passion que je prévoyais, j’en ai qu’une seule et elle n’est même pas remplie », se désole-t-il. Horticulteur dans le sud de l’île, Danylo Tailame avait prévu de mettre en vente 5.000 roses pour la Saint-Valentin. Ses serres ont été détruites. « Entre les structures et les fleurs perdues cela présente plus de 50.000 euros de dégâts », dit-il. Pour l’instant il puise dans sa trésorerie pour tenter de « repartir », mais « ne tiendra pas longtemps ».

Du lait et des volailles perdues

Le secteur de l’élevage n’a pas été épargné. Une centaine de bovins ont été emportés par les flots. 380.000 litres de lait ont été perdus et 32.000 volailles sont mortes en raison des coupures d’électricité, « mais aussi parce que les chemins d’accès ont été détruits empêchant ainsi les producteurs d’atteindre leurs exploitations », explique Frédéric Vienne.

Dans ce secteur les pertes sont estimées à 2,2 millions d’euros. La réfection des voies d’accès et des infrastructures représente plus d’un million d’euros. Frédéric Vienne sera reçu par le ministre des Outre-mer. « J’espère qu’il entendra notre détresse et qu’il agira vite », souhaite François Bénard, agriculteur dans le nord de la Réunion.