La réclusion à perpétuité requise pour le meurtre de la petite Léa en Haute-Savoie

Le père de famille est jugé devant les assises de Haute-Savoie. Illustration. — E. Frisullo / 20 Minutes

  • Cédric Mathieu est jugé devant la cour d’assises de Haute-Savoie pour le meurtre de sa fille, Léa, retrouvée morte le 23 mai 2016 à son domicile.
  • Dans ses réquisitions, le procureur a estimé qu’il s’agissait d’« un crime conjugal par procuration ».
  • Le verdict est attendu ce jeudi soir.

Le verdict est attendu ce jeudi soir. Une peine de réclusion à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, a été requise ce 23 mai au matin devant la cour d’assises de Haute-Savoie, à Annecy, contre Cédric Mahieu, accusé d’avoir tué sa fille de trois ans, Léa, par vengeance contre sa femme.

«Un crime conjugal par procuration », a estimé le procureur de Thonon-les-Bains Philippe Toccanier, pour qui ce meurtre relève du « complexe de Médée », « utiliser son enfant et le réduire à un pur objet de vengeance et de sadisme pour faire souffrir son conjoint toute sa vie. »

Violence, addiction à l’alcool

La mère de la petite Léa, Blandine, dont la dignité a sidéré l’assistance, avait rompu avec l’accusé en juin 2015, après onze ans de vie commune, en raison de sa violence et de son addiction à l’alcool et aux stupéfiants.

Elle laissait cependant Léa voir son père. Mais le samedi 21 mai 2016, celui-ci reçoit une assignation de l’avocat de sa femme visant à suspendre la garde alternée, car elle s’inquiète de son comportement.

Il dit avoir alors noyé dans la baignoire la fillette dont il avait la garde ce jour-là – l’autopsie évoque plutôt un étouffement – avant de s’enfuir le lundi, abandonnant le corps sur son lit. Léa est découverte le 23 mai par son oncle qui partage le logement, lorsque Blandine s’inquiète qu’elle ne soit pas à l’école.

« Tu as perdu ce que tu aimais le plus au monde »

Entre le meurtre et sa fuite, Cédric Mahieu prend le temps d’envoyer une lettre terrible à sa femme. « Par ta faute tu as perdu ce que tu aimais le plus au monde (…) sois la plus malheureuse possible, je ne regrette rien (…) je suis content de t’avoir fait vivre un enfer ». Et surtout « J’ai bien dit à Léa que tu ne l’aimais pas », juste avant sa mort.

Il est arrêté en novembre, sous un nom d’emprunt, alors qu’il est serveur à la Ciotat (Bouches-du-Rhône). C’est une recherche sur internet de photos de sa fille qui l’a confondu. Un psychiatre a jugé qu’il pouvait y avoir eu une « altération légère » du discernement au moment des faits, ce qui abaisserait le maximum encouru à trente ans, mais le représentant de l’accusation n’a pas semblé y croire, et n’a trouvé aucune circonstance atténuante à l’accusé.

Il a aussi demandé vingt ans de suivi socio-judiciaire après l’exécution de la peine, pour « assurer la tranquillité » de Blandine, qui a désormais un nouveau compagnon et un petit garçon.

Justice

Haute-Savoie: Un père de famille jugé pour le meurtre de sa fille, Léa, 3 ans

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