La mort de Michel Fourniret met un terme à son macabre parcours

Michel Fourniret, en 2004 à Dinant en Belgique. — ISOPRESS SENEPART/IS/SIPA
  • Hospitalisé dans un état grave, le tueur en série Michel Fourniret est décédé à l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpétrière, à Paris.
  • Arrêté en 2003 par les autorités belges pour avoir tenté d’enlever une fillette, l’homme avait été reconnu coupable de huit homicides, commis depuis 1987 en France et en Belgique.
  • Condamné en France une première fois en 2008 à une peine de prison à perpétuité, il avait écopé d’une sentence identique en 2018.

Son nom charrie des décennies de drames. Michel Fourniret, tueur et violeur en série, est mort ce lundi 10 mai à l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpétrière (Paris 13e). Condamné pour les meurtres de huit jeunes femmes et adolescentes commis entre 1987 et 2003 en France et en Belgique, Michel Fourniret, surnommé « l’Ogre des Ardennes », a marqué la chronique judiciaire contemporaine.

  • Juin 1987 : Première condamnation à de la prison ferme

Condamné une première fois à une peine de sursis à l’âge de 25 ans pour l’agression d’une fillette dans les Ardennes, Michel Fourniret est arrêté et incarcéré 17 ans plus tard pour des agressions sexuelles sur une douzaine de jeunes femmes. Père de famille discret, il est condamné le 26 juin 1987 à cinq de prison ferme par la cour d’assises de l’Essonne. Pendant cette première détention, il entame une correspondance avec Monique Olivier, sa future épouse, avec qui il s’installera dès sa libération, en octobre 1987.

  • Juin 2003 : Nouvelle arrestation et nouveaux aveux

Seize ans après sa libération, Michel Fourniret est de nouveau arrêté en juin 2003 après la tentative d’enlèvement d’une collégienne en Belgique. Interrogée par la police belge, Monique Olivier accuse, un an plus tard, son mari des meurtres de neuf jeunes femmes ou adolescentes, dont Farida Hammiche, la femme d’un ex-compagnon de cellule de Fourniret.

Confronté aux accusations de Monique Olivier, le tueur en série reconnaît alors huit homicides, commis depuis 1987 en France et en Belgique. Sur ses indications, les corps de deux victimes sont découverts dans le parc du château du Sautou, acheté par Fourniret grâce aux lingots d’or enterrés dans un cimetière du Val-d’Oise par une équipe de braqueurs, le célèbre « gang des postiches ».

  • Mai 2008 : Première condamnation à perpétuité

Le 28 mai 2008, Michel Fourniret, alors âgé de 66 ans, est condamné par la cour d’assises des Ardennes à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol, et les agressions de trois autres jeunes filles ayant réussi à lui échapper.

Monique Olivier, 59 ans à l’époque, est condamnée à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 28 ans pour complicité dans quatre des meurtres et le viol en réunion d’une jeune fille. Dix ans après cette condamnation, en février 2018, Fourniret avoue les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, entre 1988 et 1990 dans l’Yonne. Le corps de la deuxième n’a jamais été retrouvé.

  • Novembre 2018 : Deuxième condamnation à perpétuité

Le 16 novembre 2018, Michel Fourniret est à nouveau condamné à la perpétuité, par la cour d’assises des Yvelines, pour l’assassinat de Farida Hammiche, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Chargée de jouer l’intermédiaire pour récupérer le « trésor » du « gang des postiches », elle a été tuée par Fourniret, soucieux de garder le magot des braqueurs.

  • Nocembre 2019 : Sa participation à la disparition d’Estelle Mouzin est révélée

Le 27 novembre 2019, le tueur en série est mis en examen dans l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, à l’âge de 9 ans en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Soupçonné puis mis hors de cause dans le passé, il a finalement vu son alibi contredit par Monique Olivier. Quelques mois plus tard, le 7 mars 2020, le parquet de Paris annonce qu’il « a reconnu sa participation aux faits ».

Le 21 août, Monique Olivier déclare à la justice que son ex-mari a kidnappé la petite fille pour la séquestrer, puis l’a violée et étranglée à Ville-sur-Lume (Ardennes). Plusieurs séries de fouilles dans d’anciennes propriétés de Fourniret dans les Ardennes n’avaient toujours pas permis, en mai 2021, de retrouver le corps de la fillette.

  • Décembre 2020 : Ultime mise en examen

Le 22 décembre 2020, Fourniret est mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort » dans l’enquête sur la disparition de Lydie Logé, à l’âge de 29 ans dans l’Orne, en 1993.

Au moment de son décès, il devait donc être jugé pour les disparitions de Joanna Parrish, de Marie-Angèle Domèce, de Lydie Logé et d’Estelle Mouzin. Des procès qui se tiendront avec uniquement Monique Olivier sur le banc des accusés.

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