La Fédération hospitalière de France plaide pour que la réforme des retraites finance le grand âge

La réforme des retraites devrait contribuer à financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes, plaide dans une interview au Journal du dimanche Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France.

La FHF, qui représente 3.000 Ehpad publics, va proposer un projet de loi « idéal » pour prendre en charge la dépendance, destiné à alimenter les débats sur le sujet dans le cadre du Conseil national de la refondation. Elle propose de « revoir le modèle économique des Ehpad publics », dont 85 % « seront cette année en déficit », en « indexant les recettes sur l’évolution des dépenses », explique Arnaud Robinet.

100.000 postes supplémentaires nécessaires

La FHF plaide aussi pour la création de 100.000 postes supplémentaires consacrés au grand âge d’ici à 2030. « Le gouvernement a prévu de créer 3.000 postes de plus en 2023, cela ne suffit pas. C’est un cercle vicieux : tant qu’on ne fixera pas un objectif de création massive d’emplois, on n’arrivera pas à recruter car la charge de travail est écrasante », juge Arnaud Robinet.

Pour cela, il préconise de « renforcer la formation, d’augmenter le nombre de places dans les écoles, de développer la validation des acquis de l’expérience et l’apprentissage, de poursuivre la revalorisation des salaires », et de mettre en place « une vraie campagne de recrutement, comme l’a fait le ministère de la Défense ».

Quatre à six millions de 75-84 ans supplémentaires d’ici à 2030

La FHF demande aussi la pérennisation des aides à l’investissement prévues dans le Ségur de la santé, « soit 500 millions par an », pour moderniser les Ehpad, et de revoir leur fonctionnement pour qu’ils deviennent « le noyau de l’aide à domicile dans un territoire ».

Rappelant que « la population des 75-84 ans va augmenter de 4 à 6 millions d’ici à 2030 », Arnaud Robinet propose par ailleurs de mettre en place un « bouclier hébergement » pour « compenser la différence entre les revenus du résident et le coût de l’Ehpad ».

Pour financer ces mesures, « la réforme des retraites semble la piste la plus logique », argumente le reponsable. « Cette réforme, si on la met en oeuvre, doit sauver le système par répartition mais aussi financer la prise en charge de nos aînés. Il faudra peut-être aussi discuter avec les mutuelles et les partenaires sociaux » et éventuellement envisager « un volet autonomie dans les contrats des complémentaires santé », selon lui.