La députée Nupes Rachel Keke a-t-elle partagé des posts de soutien à Marine Le Pen ou Bachar Al-Assad ? Prudence

Sur les réseaux sociaux, des partisans d’extrême droite ou d’Emmanuel Macron s’en donnent à cœur joie. Des captures d’écran de posts Facebook, présentés comme étant ceux de Rachel Keke, circulent dans les deux sphères depuis le 20 juin. Le site d’extrême droite fdesouche les a listés dans une publication mise à jour le 21 juin.

Entre 2016 et 2019, la nouvelle députée Nupes-LFI, élue dans le Val-de-Marne, aurait partagé ou liké des posts d’extrême droite ou de droite comme cette publication datant de juillet 2016 et soutenant la précédente campagne présidentielle de Marine Le Pen. Un contenu pro Bachar Al-Assad s’insurgeant contre « les prédateurs criminels que sont la France, les Etats-Unis et l’Angleterre », en avril 2018, fait aussi partie de la liste. Nathalie Loiseau, députée européenne Renaissance (ex-LREM) et qui s’était présentée sur une liste d’extrême-droite dans sa jeunesse, s’est fait l’écho de ce dernier, indiquant que « les bras lui en tombaient » dès le 20 juin.

Des publications dénonçant « la négrophobie des Maghrébins » à la suite d’une manifestation contre l’esclavage en Libye, ou soutenant qu’il n’y a « pas plus raciste qu’un Algérien » auraient été partagées par la femme de chambre syndicaliste, qui avait mené la lutte à l’hôtel Ibis des Batignolles. Dans un tweet viral, la plateforme collaborative pour les Maghrébins, Tajmâat, a épinglé le 20 juin « ses nombreux partages racistes contre les Algériens et les Marocains ».

FAKE OFF

Mais sur Facebook, le compte sous le pseudonyme de Raïssa Rachel Keke n’est plus actif. Il est donc impossible de vérifier la véracité de toutes ces publications. Depuis mai 2022, Rachel Keke a un compte officiel à la fois sur Facebook et Twitter, qui ont été créés pour la campagne des législatives. Contactée par 20 Minutes, Rachel Keke n’a pas encore répondu. Interrogée sur RTL le 21 juin, la députée n’a ni confirmé ni démenti : « Ils disent ce qu’ils ont envie de dire, ça ne va pas me casser, ça ne va pas me rabaisser, je suis forte, a-t-elle déclaré. Je ne sais pas d’où ils vont chercher, d’où ils vont fouiller. »

« Des contenus de l’extrême droite légitimés sans vérification »

Sur Twitter, l’ONG Action droits des musulmans, qui explique que Rachel Keke « fait l’objet d’une campagne de haine », a appelé le 21 juin à se méfier de publications qui peuvent provenir d’un faux compte. Stephanie Lamy, autrice d’Agora toxica, une enquête sur la désinformation politique, a critiqué dans un thread le fait que les partisans d’Emmanuel Macron « légitiment des contenus venus de l’extrême droite sans aucune vérification ». Elle dénonce une « opération sémantique (backlash raciste et misogyne) qui cible Rachel Keke » et « ressemble à la tactique bien connue du femspoofing », c’est-à-dire à « des hommes qui créent de faux profils de femmes pour piéger, faire réagir ».

Alors que Rachel Keke faisait ses premiers pas à l’Assemblée nationale le 21 juin, Sophie de Ravinel, journaliste politique au Figaro l’a également interrogée sur ces posts. Rachel Keke n’a pas souhaité y répondre : « Ne m’interrogez pas là-dessus, c’est ma journée historique. Je n’ai pas envie d’en parler maintenant. » Sur le plateau de LCP, la journaliste estime qu’elle est « représentative des Français qui ont évolué au fil de leurs idées, qui s’interroge sur leurs appartenances politiques d’un bord à l’autre ».

Pour les Insoumis, rapporte la journaliste, ce n’est pas un problème : « Nous, notre volonté, c’est de convertir aussi dans les idées, ont-ils défendu auprès de Sophie de Ravinel. Si elle incarne cette conversion, c’est très bien. » Egalement contactés par 20 Minutes, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, ou Adrien Quatennens, coordinateur du parti, n’ont pas encore réagi.