La croissance devrait ralentir à 0,5 % en 2023, prévoit la Banque de France

Coup de mou sur la croissance française. Elle devrait fortement décélérer, de 2,6 % en 2022 à 0,5 % en 2023, avant de rebondir à 1,8 % en 2024, selon les projections macroéconomiques publiées jeudi par la Banque de France. La banque centrale souligne que l’incertitude est très forte et publie une fourchette d’évolution du PIB comprise entre + 0,8 % et – 0,5 % pour 2023.

Elle n’exclut pas une « récession technique » de « deux ou trois trimestres de baisse du PIB aux alentours de l’hiver 2022-23 », a indiqué le directeur général de l’institution, Olivier Garnier, lors d’une conférence de presse. Quel que soit le scénario retenu pour l’an prochain, la Banque de France se montre plus pessimiste que le gouvernement, qui prévoit 2,7 % de croissance pour cette année et 1 % pour l’an prochain, en tablant sur la résilience de l’économie française.

Reprise prévue pour 2024

Pour la banque centrale, on a « une résilience qui est meilleure que prévu au cours de la plus grande partie de 2022 ; un net ralentissement à partir de l’hiver prochain », dont l’ampleur est « entourée d’incertitudes très larges » et enfin « une reprise de l’expansion économique en 2024 ».

Cette incertitude touche aussi le niveau de l’inflation qui, après avoir atteint 5,8 % cette année, évoluera l’an prochain dans une fourchette comprise entre 4,2 % et 6,9 %, puis retombera à 2,7 % en 2024. « Même si la guerre [en Ukraine] devait malheureusement perdurer, les prix de l’énergie finiront inévitablement par se stabiliser voire baisser », estime dans le quotidien La Croix le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Recul du pouvoir d’achat

Pour mesurer l’inflation, la Banque de France utilise l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet la comparaison entre pays européens et accorde une place plus importante aux prix de l’énergie que l’indice des prix à la consommation (IPC) utilisé par l’Insee et le gouvernement français.

En août sur un an, l’IPC a progressé de 5,9 % et l’IPCH de 6,6 %, a rapporté jeudi l’Insee. Le niveau élevé de l’inflation pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, qui devrait reculer de 0,3 % cette année, et même de 0,5 % si mesuré par habitant. Il resterait stable l’an prochain (0,2 % et 0,0 % par habitant) et repartirait à la hausse en 2024 (+1,6 % et 1,4 % par habitant), selon les projections de la Banque de France.