La Coupe du monde de ballon de baudruche ? Venez découvrir la dernière idée de génie de Gerard Piqué

Chaussettes violettes du plus bel effet remontées jusqu’aux mollets, barbe rasée de près, coupe de cheveux impeccable, motivation incroyable. Ça faisait bien longtemps qu’on n’avait pas vu Gerard Piqué aussi affûté. Malheureusement pour les supporteurs du Barça, ce n’est toujours pas pour retrouver un niveau décent sur le terrain. Non, si le défenseur catalan s’était aussi bien préparé, c’était pour le tirage au sort de la Balloon World Cup, effectué mardi soir sur la chaîne Twitch du streameur espagnol Ibai Llanos. La Balloon quoi ? La Coupe du monde de ballon de baudruche. Oui, souvenez-vous, la même compète que lorsque vous balanciez le ballon par terre, entre deux lits et une armoire, pour éviter que votre frère ou votre sœur ne l’attrape.

Vous pouvez rire, mais cette compétition, qui se déroule ce jeudi à partir de 19 heures dans le parc d’attractions PortAventura à Tarragone, a tout ce qu’il y a de plus sérieux. A la base du projet, Gerard Piqué, en sa qualité de directeur du groupe  Kosmos​, et Ibai Llanos, donc. Après avoir vu sur TikTok les frères Arredondo (près de 400.000 abonnés suivent leurs joutes) se battre comme des acharnés dans leur chambre de l’Oregon (Etats-Unis) pour éviter qu’un ballon de baudruche ne touche le sol, les deux Espagnols ont décidé de créer cette Balloon World Cup. En deux semaines, tout était plié.

J’ai un peu honte de le dire, mais a priori, ça me parait une idée assez amusante, expliquait Ibai Llanos, entre deux fous rires sur Twitch avec Piqué. C’est quelque chose qu’on a tous fait à la maison. On dirait qu’on fait une blague, mais pas du tout, c’est sérieux. »

« J’ai pensé que c’était une arnaque »

Evidemment, au début, pas grand monde n’y a cru, pas même les frères Arredondo, qui ont été contactés par les organisateurs. « Je ne savais même pas qu’il y avait une Coupe du monde jusqu’à ce que j’obtienne un DM de leur part, nous dit Antonio (21 ans), qui fera le voyage avec son petit frère depuis leur petite ville de Canby, au nord de l’Oregon. Au début, j’ai pensé que c’était une arnaque. Une fois que j’ai appris qui organisait, j’étais tellement excité. Je n’arrive toujours pas à croire que c’est réel. »

Pour compléter le tableau, Llanos et Piqué ont demandé aux internautes de différents pays d’envoyer leurs candidatures sur les réseaux sociaux. « Juste après l’annonce, on a reçu directement une centaine de candidatures, nous explique Berta Brau, attachée de presse de Kosmos. Au fil des jours, on était à plusieurs centaines. » De 12 équipes prévues au départ, on est vite passés à 16, puis 24 et enfin 32. De quoi donner des idées à Gianni Infantino à la tête de la Fifa pour mettre en place ses réformes encore plus vite ?

Alors, concrètement, comment va se dérouler cette compétition ?

  • 32 concurrents, en un contre un, tournoi à élimination directe au meilleur des trois points. La finale, au meilleur des cinq points.
  • Le match se joue dans une salle vitrée avec, à l’intérieur, une grande table, des chaises, des fauteuils, un canapé, une télé. Autant d’obstacles pour compliquer la tâche des joueurs. Rajoutez à ça des ventilateurs pour que le ballon parte dans tous les sens.
  • Les ballons sont fournis par l’organisation. « Le poids ou la taille ne comptent pas, il faut juste qu’ils soient neufs, car des ballons déjà utilisés tombent plus rapidement », pointe l’expert Antonio Arredondo.
  • Une seule touche de balle pour chaque joueur, qui se servira essentiellement des mains pour ses attaques. On ne saura que ce jeudi soir si d’autres parties du corps seront autorisées (et oui, la Balloon World Cup est maître dans l’art de cultiver le suspense). 
  • Il est interdit de toucher le ballon du haut vers le bas. Un point de pénalité en cas d’infraction.
  • Pour voir si le ballon a bien touché le sol, un arbitre VAR est prévu. « Pour des raisons de droit, on l’a appelé El ojo del globo [l’œil du ballon] », précise Llanos.

Beaucoup de profils différents

Parmi les concurrents (on trouve notamment la Guinée équatoriale, Andorre, Cuba ou la Bolivie), Nicklas Hallbäck représentera la Suède. La quarantaine, le solide gaillard, qui a été dans sa jeune carrière gardien de but de foot à un assez bon niveau, sera l’un des « vétérans » du tournoi, en compagnie du représentant chilien. Et il prend cette Balloon World Cup très au sérieux : « Ça va être super amusant, c’est un sport, si on peut appeler ça sport, qui nous fait revenir en enfance, car on y jouait beaucoup. J’espère que mon corps se souviendra des mouvements et des réflexes. Sinon, on fera marcher le cerveau plus que ne le feront les jeunes ».

Nicklas Hallbäck à l'entraînement avec sa fille.
Nicklas Hallbäck à l’entraînement avec sa fille. – N. Hallbäck

Car, c’est bien connu, les jeunes ne peuvent compter que sur leurs muscles, eux qui n’ont rien dans le ciboulot. Evidemment, nous ne l’avons pas dit comme ça au beau bébé arménien Gor Khechoyan (23 ans), tout heureux de pouvoir représenter son pays dans une compétition mondiale : « J’espérais un jour porter haut les couleurs de l’Arménie dans une compétition de lutte gréco-romaine, mais à cause des études, j’ai lâché assez tôt. Donc, cette Balloon World Cup, c’est une bonne opportunité. J’ai un objectif : la victoire ».

Un prize-money de 20.000 euros

D’autant qu’au bout, il y a un chèque de 10.000 euros promis au vainqueur, plus deux billets aller-retour destination l’Amérique du Sud. Le deuxième empochera 3.500 euros plus un an de gâteaux offerts par Oreo. Comme la célèbre marque de biscuits addictifs, de nombreux sponsors se sont aussi présentés pour participer à la fête : PortAventura, Volkswagen, Yoigo, Kelme, Doritos, Mentos… Encore mieux : une boutique avec des produits dérivés de l’événement a été créée sur Amazon. « Comme ça, on dirait une connerie, mais ça a quand même coûté du pognon cette histoire », assurait Ibai Llanos. On a posé la question du budget dudit événement à Kosmos pour voir : « On ne parle pas de ça ». Chou blanc, donc.

Si tout le monde est plutôt détendu à l’approche de l’événement, il y en a un qui flippe un peu sur les bords : le local de l’étape, l’Espagnol Jan Franquesa. « Franchement, j’ai la pression, je suis assez nerveux, reconnaît l’étudiant en ingénierie aérospatiale. C’est un sport nouveau, donc on ne connaît pas le niveau de l’adversaire et je ne veux pas décevoir. Surtout qu’il y aura beaucoup de gens. »

Une place aux JO ?

Kosmos, Piqué et Llanos ont prévu les choses en grand : tapis rouge, plusieurs personnalités de l’émission El Chiringuito, à l’image de Cristobal Soria, pour commenter la compétition, et la présence de stars comme Jordi Alba, Marc Marquez, Kun Agüero, Shakira… Au total, 400 personnes assisteront au tournoi.

Gerard Piqué, Ibai Llanos et Gerónimo Benavides lors du tirage au sort, mardi.
Gerard Piqué, Ibai Llanos et Gerónimo Benavides lors du tirage au sort, mardi. – Capture écran chaîne Twitch Ibai Llanos.

Pour ceux qui ne pourront pas se rendre à PortAventura, c’est-à-dire à peu près tout le monde, la Balloon World Cup sera diffusée gratuitement sur la chaîne Twitch d’Ibai Llanos. Avec un enjeu important au bout. « Si on atteint les 500.000 vues [ils étaient 120.000 pour le tirage au sort], on refait une édition l’année prochaine, promet Gerard Piqué. Si on tape le million, on en fait une autre dans l’année. »

Et à 10 millions, la candidature pour les JO ? « Pourquoi pas, rigole Nicklas Allbäck. Après tout, c’est un sport ultra-divertissant, qui peut plaire aux jeunes. Et quand on voit qu’il peut y avoir aux Jeux olympiques des sports comme le curling ou le tir au pistolet… » Qui est chaud pour représenter la France aux JO de Los Angeles en 2028 ?