La Comédie-Française ne célèbre pas l’anniversaire de Molière.
Chaque 15 janvier, Jean-Baptiste Poquelin alias Molière voit célébrer l’anniversaire de son baptême dans sa maison, la salle Richelieu. En 2026, Molière a été fêté dans des circonstances un peu particulières, la mythique salle Richelieu devant fermer six mois pour travaux.
On ne célèbre pas tous les jours 404 ans ! Chaque 15 janvier, Jean-Baptiste Poquelin, connu sous le nom de Molière, voit organisée une commémoration pour son baptême – sa date de naissance étant inconnue – dans son lieu de prédilection, la salle Richelieu. L’ensemble de la troupe de la Comédie-Française se rassemble devant son buste pour lui rendre hommage. Ce moment unique et convivial est très prisé des amateurs de théâtre, et la salle est toujours comble pour l’occasion.
Ce jeudi soir, l’atmosphère était électrique dans la salle avant le début de la représentation. Conformément à la tradition, la soirée a commencé par une pièce de Molière. Cette fois-ci, il s’agissait de Les Fourberies de Scapin, où le charismatique Noam Morgensztern, débordant d’énergie, a suscité des éclats de rire. Il n’existe pas de meilleure manière de rendre hommage au maître qu’en jouant ses œuvres et en écoutant le public éclater de rire, réunissant toutes les générations. Des lycéens accompagnés de leurs professeurs, des amis ensemble, des parents avec leurs enfants (et vice versa), tous partagent une passion commune pour le théâtre.
Merci « Patron »
Après la pièce, le buste de Molière apparaît comme par enchantement, disposé en bord de scène par les plus jeunes membres de la troupe. Un silence attendrissant s’installe. Chacun attend avec impatience ce rituel. Les acteurs et actrices, en costumes, vont à tour de rôle prononcer une réplique de Molière. Benjamin Lavernhe, Denis Podalydès, Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Marina Hands, Pauline Clément et d’autres se succèdent, provoquant un tonnerre de rires (les répliques sont souvent très drôles) et d’applaudissements.
Le but du jeu consiste à reconnaître les pièces citées et à applaudir chaleureusement ses actrices et acteurs préférés. L’ambiance est conviviale et chaleureuse, tant la complicité se fait sentir entre la scène et le public. La troupe s’amuse, tout comme les spectateurs. On souhaiterait que cela ne s’arrête jamais. Tout le monde se regroupe ensuite autour du buste et le salue respectueusement, transmettant ainsi un profond respect à la salle.
Une année particulière
Le moment suivant consiste à faire le point sur les membres de la troupe avec Thierry Hancisse, doyen de la troupe, en maître de cérémonie dynamique. Les nouveaux sont accueillis, les techniciens partants à la retraite sont remerciés, et des pensées sont adressées à ceux qui nous ont quittés, comme Pierre Vial ou Catherine Samie, pour qui l’administrateur Clément Hervieu-Léger, visiblement ému, prononce un discours poignant. Tout se conclut sur une note plus joyeuse, avec une explosion de paillettes dorées, et l’on se dit que si le « Patron » a pu assister à tout cela, il peut être fier de son héritage.
En 2026, Molière sera célébré dans des circonstances quelque peu particulières. La mythique salle Richelieu fermera ses portes pendant six mois pour des travaux, tandis que la troupe se dispersera dans diverses salles pour une impressionnante programmation hors les murs. Il est fortement conseillé de profiter de cette occasion pour découvrir de grands moments de théâtre tels que Le Bourgeois gentilhomme, merveille de drôlerie et de poésie signée Valérie Lesort et Christian Hecq. Cette version, sublime, respectueuse et moderne, prouve que, quoi qu’il arrive, le « Patron » reste inévitable.

