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Kratom : la drogue pas vraiment illégale aux États-Unis.

Le kratom, extrait de l’arbre Mitragyna speciosa Korth, est toujours légal aux États-Unis malgré les alertes des autorités sanitaires et a été identifié comme cause de décès dans 91 cas selon une étude des CDC de 2019. En France, les principales molécules actives du kratom figurent sur la liste des psychotropes, et leur détention et achat sont interdits depuis 1990 selon l’ANSM.


Cela fait plusieurs années que le kratom connaît un succès grandissant en Amérique du Nord. Malgré les mises en garde des autorités sanitaires concernant les risques, y compris des décès liés à sa consommation, cette plante aux effets psychotropes n’est toujours pas interdite aux États-Unis et attire un nombre croissant d’adeptes.

Le kratom désigne la substance psychotrope issue du Mitragyna speciosa Korth, un arbre tropical que l’on retrouve notamment en Thaïlande. Selon l’EUDA, l’agence sur les drogues de l’Union européenne, « traditionnellement, les feuilles de kratom fraîches ou séchées sont mâchées ou préparées en infusion ».

On trouve également d’autres formes de préparation, notamment sous forme de poudre encapsulée dans des gélules, précise la DEA, l’administration américaine de lutte contre les drogues. Pour élargir leur clientèle, les producteurs proposent aussi le kratom en « extraits secs ou liquides, de résines, plus ou moins concentrés », selon l’agence française du médicament (ANSM). Bien que plus rare, il arrive que les feuilles de kratom soient fumées, ajoute l’EUDA.

Le kratom n’a pas de lien avec le cannabis, notamment parce qu’il ne contient pas de THC. L’arbre renferme plus de 40 alcaloïdes, des substances actives comme la morphine ou la codéine. Les principaux alcaloïdes du kratom sont la « mitragynine et 7-hydroxymitragynine », explique l’ANSM. Cette dernière agit notamment sur les mêmes récepteurs que les « opioïdes classiques », selon la Food and Drug Administration (FDA) américaine.

« À faible dose, le kratom a des effets stimulants et est employé pour combattre la fatigue pendant de longues heures de travail », assure l’EUDA. Les effets incluent « vigilance accrue, énergie physique et loquacité », précise la DEA. Toutefois, « à forte dose », le kratom « peut avoir des effets sédatifs-narcotiques » et « entraîner une dépendance », ajoute la DEA. Lors de son inscription sur la liste des psychotropes en février 1990, l’ANSM avait cité une étude rapportant des cas de « syndrome de sevrage, d’anorexie, de perte de poids, de décompensation psychotique et d’hépatite toxique ». En 2020, la DEA reconnaissait des cas de personnes dépendantes au kratom présentant des « symptômes psychotiques, y compris des hallucinations, des délires et de la confusion ».

Une étude des CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) de 2019, examinant 27 338 overdoses mortelles entre juillet 2016 et décembre 2017 dans 33 États américains, révèle que « le kratom a été identifié comme cause du décès par un médecin légiste ou un coroner dans 91 cas ». Malgré cela, « le kratom n’est pas contrôlé en vertu de la Loi sur les substances contrôlées », précise la DEA, qui a néanmoins inscrit cette substance « comme médicament et produit chimique préoccupant ». En France, les deux principales molécules actives du kratom figurent sur la liste des psychotropes et, par conséquent, « leur détention et leur achat sont maintenant interdits » depuis 1990, selon l’ANSM.