«Koh-Lanta: La guerre des chefs»: Comment le jeu d’aventure est devenu une émission culte

Les candidats de «Koh Lanta» saison 11. — A. Issock / ALP

  • Koh-Lanta reprend ce vendredi soir avec sa nouvelle édition, La guerre des chefs.
  • Depuis 2001, l’émission a gardé ses grands classiques, mais a su évoluer avec son époque.
  • 20 Minutes a rencontré les producteurs du programme pour discuter de ces évolutions avec eux.

C’est reparti pour un tour. Ce vendredi à 21 h, Koh-Lanta revient sur TF1 avec de belles nouveautés, mais toujours avec la bonne vieille sauce qui a fait son succès. « Koh-Lanta a des moyens hors normes pour une émission de télévision, s’enthousiasme Alexia Laroche-Joubert. L’émission d’aujourd’hui est le résultat d’années d’apprentissage et de pratique, et il y a toujours une réflexion pour l’améliorer. »

Aujourd’hui, il y a au moins 40 % de personnes qui travaillent sur l’émission de plus qu’au départ. « Koh-Lanta, c’est un animateur emblématique, vingt cameramen, 160 personnes sur le terrain dans tous les corps de métiers possibles et imaginables », explique Julien Magne, le producteur de l’émission. Médecins, décorateurs, cuisiniers, marins, pilotes d’hélicoptères, journalistes… Ils sont une belle bande à travailler en coulisses pour le résultat que vous connaissez.

Du monde et des machines au service de l’image

Mais concrètement, qu’est-ce qui a changé ? « A l’origine, c’était un programme d’après-midi de moins de soixante minutes, désormais c’est une émission en prime time de plus de cent minutes, souligne Julien Magne. Dans les épisodes de départ, il y avait deux jeux et un conseil. On voyait assez peu la vie sur le camp. Aujourd’hui, avec le même nombre de jours de tournage, il y a beaucoup plus de relationnel, et c’est d’ailleurs la spécificité du Koh-Lanta français. Il y a une place plus grande faite à la survie, au dépassement personnel, à l’humain. A l’étranger, c’est plutôt le jeu et la stratégie. Chez nous, c’est avant tout l’aventure humaine. On vise la qualité. »

Côté technique, les drones, utilisés depuis quelques années, permettent de faire plus de plan larges. La production a aussi investi dans plus de caméras, une grue et une cable cam, une caméra aux mouvements automatiques. « Pour les jeux en pleine mer, il y a des pontons, des plateformes accrochées au sol à 10 m de profondeur, des plongeurs qui les stabilisent, énumère Alexia Laroche-Joubert. Sur Koh-Lanta, il n’y a que des grands professionnels capables de travailler dans n’importe quelle condition. » Une machinerie que les candidats ne perçoivent pas parce que la production fait attention à maintenir leur isolement.

Des lieux de tournages qui se raréfient, des candidats qui se bousculent

« Le monde se restreint, constate Alexia Laroche-Joubert. La part de rêve est énorme avec Koh-Lanta. La vie des gens est rude en ce moment, et ils regardent l’émission pour s’évader. On a visité des endroits où les équipes devaient nettoyer les plages tous les jours. C’est pour ça que ça fait plusieurs éditions que l’on fait aux Fidji. Là-bas il n’y a pas de tourisme de masse, pas de bateaux de croisière au loin, pas d’avions ni leurs traces dans le ciel, pas de pollution… Les candidats sont vraiment loin de toute vie humaine. » Des conditions qui continuent à attirer les aventuriers.

Leur profil n’a pas changé, nous soutient la production. Même si « aujourd’hui, les candidats pensent plus à la stratégie en amont, concède Julien Magne. En revanche, ils ne sont pas plus sportifs qu’avant. » Et le montage a-t-il changé pour cacher les aspects sulfureux de la personnalité des candidats ?

Des survivants inchangés

« Koh-Lanta est un miroir de la société, précise Julien Magne. On ne coupe pas aujourd’hui ce qu’on aurait diffusé avant, comme les remarques sexistes. Il y a un respect important qui sous-tend l’aventure. On n’a jamais eu besoin d’intervenir pour séparer des gens. Quand Moundir, sur le premier All Star, s’embrouille avec Philippe, on sait très bien que même s’ils se détestent, ils n’en viendront pas aux mains parce qu’ils se respectent pour avoir vécu cette aventure. » Et les castings répondent toujours à la même règle : L’envie de vivre l’aventure d’une vie.

« La détermination à vouloir vivre cette aventure, on ne négocie jamais avec ça, prévient la production. S’il y a une présence un petit peu trop importante sur les réseaux sociaux, ça n’est pas possible. Ça veut dire que les gens veulent autre chose que l’aventure. Et c’est tellement dur que si on n’est pas profondément convaincu, on flanche. Même les plus motivés ont toujours un moment où ils se demandent ce qu’ils foutent là. On a besoin de fraîcheur. Actuellement, tous les candidats feraient l’émission sans caméras. Aujourd’hui, on a des gens qui ont grandi avec ce programme, qui en sont fans ou dont les parents sont fans. C’est beau. »

Restent quelques idées reçues que les années n’ont pas réussi à balayer. « Chaque année, on a des candidats qui arrivent et qui disent : « On dort vraiment là ? ! » parce qu’ils croyaient qu’il y avait un peu de confort en dehors des caméras, s’étonne encore Julien Magne. Mais oui, les candidats dorment vraiment sur les camps qu’ils se créent sur place. »

Des modèles pour les enfants

La production est très attachée à répondre aux attentes des enfants, qui représentent 50 % des téléspectateurs devant Koh-Lanta le vendredi soir. « Le surpassement, la solidarité, l’entraide créent des discussions dans les familles, soutient Julien Magne. Des enfants aux grands-parents, tout le monde trouve de l’intérêt à l’émission : Soit les jeux, soit la survie, soit les paysages… » La digne relève de Fort Boyard ?

« Koh-Lanta n’a rien à voir avec Fort Boyard, parce que Fort Boyard c’est fantaisiste. Ça va à l’encontre totale de la rugosité, de l’authenticité de Koh-Lanta », rectifie d’emblée Alexia Laroche-Joubert. « Mais on serait ravis de fêter les 30 ans de Koh-Lanta comme ceux de Fort Boyard », contrebalance Julien Magne. Plus que douze ans à attendre pour avoir la réponse.

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