Kobili Traoré, irresponsable du meurtre de Sarah Halimi, soupçonné de séquestration.
Kobili Traoré sera présenté ce vendredi à un juge avec deux autres suspects pour son implication présumée dans une affaire de séquestration, selon le parquet de Paris. Une information judiciaire a été ouverte pour « enlèvement, séquestration et vol avec arme », crimes passibles de 20 ans de réclusion.
Kobili Traoré, déclaré pénalement irresponsable pour le meurtre de Sarah Halimi en 2017, se retrouve au centre d’une nouvelle affaire judiciaire. L’individu sera présenté ce vendredi – avec deux autres suspects – devant un juge pour son implication présumée dans une affaire récente de séquestration, selon le parquet de Paris. Une information judiciaire a été ouverte pour « enlèvement, séquestration et vol avec arme », des crimes passibles de 20 ans de réclusion.
Les événements remontent au 27 janvier. L’analyse des téléphones des suspects a montré qu’ils se procurent des stupéfiants auprès de la victime, avec laquelle l’un d’eux avait un litige financier. La victime a rapporté avoir été « agressée » chez elle lors d’une visite : « après son visiteur, deux autres hommes » ont « pénétré dans son appartement, le visage dissimulé », l’ont « aspergée de gaz lacrymogène et violentée, avant de fouiller l’habitation ». Des bijoux, des sacs de valeur, son téléphone et la clé d’un box lui ont été dérobés. Les agresseurs présumés ont attaché la victime à une chaise avant de quitter les lieux.
L’enquête, confiée au 2e district de police judiciaire, a permis l’arrestation des suspects mercredi, tous trois connus pour faire « l’objet de soins psychiatriques ».
Le parquet de Paris rappelle que Kobili Traoré avait fait « l’objet d’une déclaration d’irresponsabilité pénale » pour le meurtre de Sarah Halimi, sexagénaire juive, qui avait suscité une vive émotion en France et ailleurs. En avril 2021, des manifestations en France et en Israël avaient rassemblé des milliers de personnes exigeant un procès pour le meurtrier.
Selon les experts psychiatriques, le meurtrier avait été pris d’une « bouffée délirante » au moment des faits. La Cour de cassation avait cependant reconnu le caractère antisémite du crime commis par Kobili Traoré, grand consommateur de cannabis. Depuis le meurtre, il avait fait « l’objet de soins en UMD (Unité pour malades difficiles) jusqu’en 2020, puis en hôpital jusqu’en 2023, de nouveau à l’UMD pendant un an, avant de retourner en hôpital en septembre 2024 », précise le ministère public.
Un psychiatre a attesté lors de sa récente garde à vue que « il ne présentait pas de symptomatologie aigüe, ni syndrome délirant ni désorganisation », conclut le parquet. Cette nouvelle affaire « démontre un peu plus la nécessité impérieuse de rouvrir » le dossier sur le meurtre de Sarah Halimi, « afin de rétablir la vérité », a commenté dans un communiqué Me Olivier Pardo, avocat de la famille de la sexagénaire juive tuée en 2017.

