Kazakhstan : Le président sortant Kassym-Jomart Tokaïev largement réélu

Kassym-Jomart Tokaïev garde sans surprise son fauteuil. Le président sortant du Kazakhstan a été largement réélu dimanche, selon des sondages, à la tête du plus grand pays d’Asie centrale, qui a vécu une année noire entre émeutes sanglantes et impitoyable lutte des clans.

Selon trois sondages réalisés à la sortie des urnes, Kassym-Jomart Tokaïev a obtenu entre 82,2 % et 85,52 % des voix dans cette ex-république soviétique où 69,43 % des 12 millions d’électeurs ont voté, d’après les premières estimations de la Commission électorale.

Des émeutes brutalement réprimées en janvier

Riche en ressources naturelles et situé au carrefour d’importantes routes commerciales, le Kazakhstan a plongé dans le chaos en janvier lorsque des manifestations contre la vie chère ont dégénéré en émeutes, avant d’être brutalement réprimées. Bilan : 238 morts. Le pays reste traumatisé par cette crise et, signe que les tensions persistent, les autorités ont annoncé jeudi avoir arrêté sept partisans d’un opposant en exil accusés de fomenter un « coup d’Etat ».

Ce scrutin anticipé était pour le président de 69 ans un moyen de consolider son pouvoir. Ce diplomate de formation s’est mué cette année en dirigeant implacable, faisant tirer sur les émeutiers en janvier, arrêtant des proches de son prédécesseur et mentor Noursoultan Nazarbaïev, puis tenant tête au président russe Vladimir Poutine.

Le président juge la campagne « équitable et ouverte »

Cette élection s’inscrit dans la longue tradition des scrutins joués d’avance au Kazakhstan, à l’image des précédentes présidentielles : 71 % des voix pour Kassym-Jomart Tokaïev en 2019 et 98 % en 2015 pour Noursoultan Nazarbaïev. Malgré ce score écrasant et l’absence de concurrence, le président a estimé que cette campagne avait été « équitable et ouverte ».

A Astana et Almaty, les deux plus grandes villes du pays, l’AFP a vu plusieurs votants se prendre en photo devant les bureaux de vote, nombre d’électeurs invoquant l’« obligation » de montrer ce lundi la photo à leur employeur. Une quinzaine de personnes ont en outre manifesté à Almaty pour réclamer des élections libres et ont toutes été arrêtées par la police.