Journées du patrimoine à Marseille : Citadelle Vieux-Port cherche trois millions d’euros pour ouverture au public

On en sourirait presque parfois, de l’état du patrimoine à Marseille. Racheté par la ville à l’armée en 2010, le fort d’Entracasteaux, édifié au XVIIe siècle sur ordre de Louis XIV afin de mater l’esprit d’indépendance de la ville et située à l’entrée de la rive sud du Vieux-Port est depuis resté fermé au public. Pourtant, sa surface de 5 hectares, dont 5.000 mètres carrés de bâti, dominant la mer et l’entrée du Vieux-Port, en ferait un bien joli parc dans une ville qui en compte (trop) peu.

C’est à ce dessein que La Citadelle de Marseille, association gestionnaire du Fort d’Entrecasteaux, (partie intégrante du fort Saint-Nicolas mais dont une partie appartient encore à l’armée) à qui la mairie a délivré un bail emphytéotique fin 2021, lance à l’occasion des Journées européennes du patrimoine une souscription avec l’objectif de récolter 200.000 euros. « Cette souscription a un enjeu financier évident pour les travaux sur le jardin et l’ancien moulin qui deviendra un belvédère sur la mer », explique Mathilde Rubinstein, directrice du site. Avec l’ambition « de donner un souffle nouveau » et d’ouvrir pour les Jeux olympiques de 2024. Exceptionnellement, et pour allécher le chaland, le site sera partiellement ouvert au public ce week-end à l’occasion des Journée européennes du patrimoine. « L’an passé, 5.000 personnes étaient venues visiter le fort. Si chacune d’elles avait donné 10 euros, nous serions arrivés au premier palier de notre collecte, soit 50.000 euros », a calculé Mathilde Rubinstein.

Deux forts, deux destins

Naturellement, la somme récoltée auprès des particuliers ne sera pas suffisante pour couvrir l’ensemble des travaux nécessaires à une ouverture partielle pérenne, dont le montant a été chiffré à trois millions d’euros hors taxes par le maître d’œuvre. L’équipe souhaite également solliciter le mécénat d’entreprises – Total Energie, la Française des Jeux ou encore Starbucks qui avaient déjà pu mettre au pot par le passé à hauteur de 750.00 euros. La Drac (direction régionale des affaires culturelles), la région et le département devraient apporter les sous manquants.

« De l’autre côté du port, le fort Saint-Jean a bien été développé, mais rien n’a été fait de ce côté », observe Jean-Claude Foures de la Fondation du patrimoine, partenaire de l’opération, qui rêve de voir les deux forts historiques de la ville reliés par un téléphérique. SI le fort Saint-Jean a trouvé sa vocation en accueillant le Mucem, son pendant de la rive sud sera destiné « à une programmation culturelle événementielle, avec des résidences d’artistes et l’espoir à terme d’en faire un centre culturel de rencontre », détaille la responsable du site.

Pour l’heure, les travaux avancent à la hauteur des maigres moyens qu’ils ont à disposition, et avec des ouvriers largement issus des chantiers d’insertion, structure qui a pour but de lever les freins à l’emploi de personnes en difficulté d’insertion.