Journée mondiale contre le cancer : Un simple test sanguin pour évaluer la radiosensibilité des patients

Le test de NovaGray est basé sur des prélèvements sanguins (Illustration) — JAUBERT/SIPA

La radiothérapie est l’un des piliers de la lutte contre le cancer, un patient sur deux y a recours. Mais cette méthode lourde, qui consiste à tenter d’éradiquer la tumeur en l’irradiant, n’est parfois pas sans conséquences : selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, elle entraîne des effets secondaires chez 5 à 10 % des malades.

A l’occasion de la Journée contre le cancer,20 Minutes s’est intéressé aux travaux menés par NovaGray, à Montpellier. Cette entreprise a développé les premiers tests permettant d’identifier avant le début du traitement, les patients qui présentent un risque de développer des effets secondaires lourds, comme des toxicités urinaires, pour le cancer de la prostate, ou des fibroses mammaires, pour le cancer du sein.

Identifier les patients les plus sensibles et les plus résistants

« Ce sont des tests de tolérance à la radiothérapie, basés sur des prélèvements sanguins, confie Clémence Franc, la cofondatrice de l’entreprise NovaGray. L’enjeu est d’identifier les patients les plus sensibles, mais aussi les plus résistants, pour adapter leur prise en charge. N’ayant aucun moyen de savoir si un patient présente des risques ou pas avant de débuter le traitement, les radiothérapeutes délivrent aujourd’hui des traitements standardisés. » Le test développé par l’entreprise montpelliéraine consiste en une simple prise de sang, dont les résultats sont connus huit jours plus tard.

Il a été mis au point avec le professeur David Azria, chef du service de radiothérapie oncologique de l’Institut du Cancer de Montpellier, qui a cofondé NovaGray.

Ce dispositif innovant étudie la réaction des lymphocytes, des globules blancs issus du prélèvement sanguin du patient, lorsqu’ils sont irradiés. Plus le patient a des lymphocytes qui meurent sous les rayons, moins il a de risques de faire une inflammation à long terme, et donc très peu de risques de faire des séquelles après une radiothérapie, indique le professeur David Azria, spécialiste du cancer. La phase de recherche clinique est en voie d’être terminée pour NovaGray, et les premiers produits, pour le cancer de la prostate et pour le cancer du sein, seront disponibles dès septembre.

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