Journée international des droits des femmes : Des dizaines de manifestations organisées ce dimanche pour le 8 mars

Lors de la manifestation contre la cérémonie des César, le 28 février, place des Ternes à Paris. — LUCAS BARIOULET / AFP

Des dizaines de milliers de manifestantes sont attendues dimanche à Paris et dans une dizaine d’autres villes de France pour la journée internationale des droits des femmes, les militantes voulant faire un point de convergence des « dynamiques féministes ». Contre la réforme des retraites et ses effets supposés négatifs pour les femmes, contre la répartition inéquitable du travail domestique, contre les violences sexuelles et les féminicides, ou encore contre les violences gynécologiques et obstétricales : les mots d’ordre seront multiples dans les défilés, dans la capitale mais aussi à Lyon, Nice, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg ou Nancy…

Cette « Marche des grandes gagnantes » – nommée ainsi de manière ironique car les organisateurs ne croient pas aux promesses du gouvernement qui argue que sa réforme des retraites sera favorable aux femmes – entend « valoriser les luttes de femmes » et mettre en avant des exigences « d’égalité et d’émancipation ». Dans une étude publiée vendredi, l’Insee vient de rappeler qu’être parent a deux fois plus de conséquences sur la situation professionnelle des femmes que sur celle des hommes.

Une grève aussi

Convaincues que « quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête », les organisatrices appellent en outre à une « grève féministe » dimanche sous le mot d’ordre « On arrête toutes ». « Le dimanche, toutes les femmes travaillent : elles cuisinent, font le ménage, s’occupent des enfants », observe Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes.

Le défilé parisien, qui doit partir à 14 heures de la place d’Italie (après un pique-nique féministe), rejoindra la place de la République, via plusieurs étapes symboliques : manifestation devant un centre commercial pour dire « stop au travail le dimanche », souvent imposé aux femmes, devant un hôpital pour la « revalorisation des métiers féminisés », ou devant un hôtel Ibis pour soutenir des femmes de ménage en lutte contre la précarité et les temps partiels. Sont également prévus un « die in » pour symboliser les victimes de féminicides et une chorégraphie géante anti-réforme des retraites.

Effet César : « On se lève et on se barre »

Trois mois après des manifestations ayant rassemblé 150.000 personnes partout en France à la fin du « Grenelle » contre les violences sexistes et sexuelles, les organisateurs comptent toujours mobiliser sur ce thème pour « briser le silence et dénoncer les violences ». Le mouvement de libération de la parole a depuis gagné le monde du sport, marqué par une vague de révélations sans précédent sur des cas de violences sexuelles perpétrées notamment par des entraîneurs sur de jeunes sportifs.

Et « l’immense colère » suscitée par le récent César attribué au réalisateur Roman Polanski, visé par des accusations de viol, devrait attirer encore davantage de monde dans les rues, selon les organisatrices. Sous le mot-dièse #JeSuisVictime, cette polémique a d’ailleurs entraîné depuis quelques jours une nouvelle vague de témoignages sur les réseaux sociaux.

Samedi soir déjà une manifestation féministe de nuit était organisée à Belleville à Paris. D’après notre journaliste sur place environ 2.000 femmes y ont participé, un chiffre rare pour ce type de manifestation nocturne souvent organisée en parallèle d’autres marches. Après deux heures de manifestation certes bruyante mais bon enfant, la situation s’est brusquement tendue vers 23 heures, place de la République, lieu d’arrivée de la manifestation. La police a chargé les manifestantes, parfois de dos, et lancé des gaz lacrymogènes, comme l’ont montré de nombreuses images postées sur les réseaux sociaux. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

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