Joanna, ex-demi-finaliste de « Star Academy », s’affirme dans « The Voice »
Joanna Lagrave, âgée de 38 ans, a participé aux auditions à l’aveugle de « The Voice » avec sa reprise de « Sur un prélude de Bach », diffusée samedi sur TF1. En 2008, elle avait atteint les demi-finales de « Star Academy », mais sa carrière musicale par la suite a été moins couronnée de succès.
«J’espère pouvoir retrouver le public et je vais faire en sorte que ce soit pour de bon, avec mes chansons », confie Joanna Lagrave à 20 Minutes avant de mettre fin à l’échange. Elle évoque ces retrouvailles car elle est déjà connue de nombreux téléspectateurs : en 2008, elle atteignait les demi-finales de « Star Academy ». Par la suite, sa carrière musicale a été moins fructueuse, et elle s’est finalement orientée, avec succès, vers la peinture. Aujourd’hui âgée de 38 ans, l’artiste souhaite renouer avec la chanson. Pour cela, elle s’est présentée aux auditions à l’aveugle de « The Voice ». Sa reprise de Sur un prélude de Bach, diffusée samedi sur TF1, a suscité une séquence particulièrement émotive, touchant les coachs. Lara Fabian, en particulier, a été séduite, et Joanna a choisit de rejoindre son équipe.
Quel a été le déclic pour vous présenter au casting de « The Voice » cette année ?
Il est incroyable et inattendu pour moi d’être sur ce plateau, surtout vu tout ce qui s’est passé pendant ces années où j’avais décidé délibérément d’éteindre la lumière. J’ai ressenti une impulsion, comme un appel de la musique, une envie d’exprimer les émotions que j’avais enfouies en moi pendant longtemps. Je voulais me manifester, montrer qui je suis vraiment…
Ces dix dernières années, vous vous êtes accomplie dans la peinture…
C’est ainsi que j’ai poursuivi mon expression créative. J’ai abordé de nombreux thèmes – les rancœurs, les émotions négatives… -, que j’ai traduits en couleurs et en joie. J’ai également appris à devenir artiste à travers ma peinture. J’ai atteint un point où j’ai senti qu’il restait des choses à traiter autrement qu’avec la peinture, en musique. Aujourd’hui, je me sens alignée, en accord avec ma vérité.
Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre expérience dans « Star Academy » ?
C’est un souvenir que je regarde avec une grande tendresse. J’adore y repenser. C’est l’endroit qui m’a permis de m’épanouir sur scène, de découvrir le plateau télé, de rencontrer le public pour la première fois. Mon expérience dans l’émission a été une vraie formation, mais cela n’a jamais défini l’artiste que je suis. Il y a une dimension de montage et d’éléments qui ne relevaient pas de moi. Surtout qu’après la « Star Ac », les personnes autour de moi n’étaient pas nécessairement les bonnes, j’ai fait de mauvais choix, pris de mauvaises directions.
En 2014, vous avez participé à la présélection française pour l’Eurovision. C’est un bon souvenir ?
C’était très bon ! Le fait de donner des interviews à des médias de toute l’Europe, de répondre dans plusieurs langues, d’avoir l’opportunité potentielle de toucher un public en dehors de la France, cela m’a plu. Cependant, je n’ai pas été sélectionnée pour le concours. Ce n’était pas le moment. Je fais partie de ces personnes qui croient qu’il n’y a jamais de hasard. Cela devait se faire ainsi, et je l’accepte entièrement. Il n’y a aucun souci avec ça.
Chanter « Sur un prélude de Bach » à « The Voice », devant Lara Fabian, qui a été si proche de Maurane, représente-t-il une pression supplémentaire ?
Oui ! J’ai créé de nombreux scénarios autour de ce moment, bons et mauvais. J’avais imaginé que Lara ne se retournerait pas. Je pouvais le comprendre compte tenu de son attachement à Maurane. Personne ne peut remplacer Maurane. C’est une voix sacrée, divine. Que Lara se soit retournée, je l’ai vécu comme un honneur.
Les coachs ont été dithyrambiques. Ils ont salué votre manière de vous approprier la chanson. À ce moment-là, vous vous êtes dit que vous étiez à la bonne place ?
En choisissant cette chanson, je savais que je devais y trouver « mon » histoire et ne pas juste la chanter pour montrer que j’ai une belle voix. À travers ma voix, les notes et les mots, je devais faire entendre mes fêlures. Le texte évoque le fait de regarder le passé, qu’il soit beau ou non, avec tendresse. Cette histoire m’appartient aussi. Mais je ne suis pas certain de répondre à votre question…
Vous vous êtes dit que vous étiez à la bonne place ?
Même dans les meilleures projections que je pouvais faire, je ne m’attendais pas à ce que mon audition se passe ainsi. Je n’ai jamais imaginé que je recevrais un tel florilège de compliments. À chaque mot prononcé par les coachs, j’étais abasourdie. En vous en parlant, je ressens encore l’émotion. Que Florent Pagny me dise que c’était parfait sans ajouter de « mais » derrière, c’est surréaliste. Qu’Amel Bent me dise qu’elle prendrait directement un ticket pour mon concert… Une seule de ces déclarations aurait suffi à me combler, mais là, c’était un ensemble de tout ce que j’aurais voulu entendre, et cela m’a donné un coup de boost extrême en tant que chanteuse. Surtout que je suis arrivée sur ce plateau avec un score de confiance en moi très bas.
Chanter « Tu es mon autre » sur le plateau avec Lara Fabian, faisait partie de vos scénarios rêvés ?
Je l’avais imaginé et je pensais que cela resterait un rêve. Mais j’ai osé, je me suis décidée à saisir mon courage à deux mains et à lui proposer, en me disant que, sur un malentendu… Et cela s’est réalisé. Il s’est passé quelque chose d’incroyable avec Lara, un lien instantané s’est créé. C’est ce que j’ai ressenti. C’est comme si nous avions répété ce morceau, alors que ce n’était pas du tout le cas. Elle n’a jamais chanté avec moi. Mais moi, cela fait des années que je chante « avec » elle, j’ai appris à chanter sur sa voix lorsque j’étais adolescente, et j’ai remporté des concours avec ses chansons. C’était donc une sorte d’accomplissement, une validation de tout ce que j’avais pu réaliser. Je la remercie de m’avoir offert ce moment. Cette femme est un être de lumière.
Et elle vous a invitée à chanter avec elle lors d’un des concerts de sa tournée…
C’était le 11 mars, à Lille. En dix-huit ans de musique et d’art, beaucoup de promesses m’ont été faites, mais aucune n’a été tenue. Lara Fabian est la première personne à me promettre quelque chose et à tenir sa parole. C’est presque comme un signe de l’univers, puisque la première fois que je suis montée sur scène, j’avais 13 ans et j’ai chanté Tout de Lara Fabian. Au moment où je décide de rallumer la lumière et de réutiliser cet instrument qu’est ma voix, je remonte sur scène grâce à l’invitation de Lara Fabian. Je ne la remercierai jamais assez.
Je ne sais pas encore quelle sera la suite de votre aventure dans « The Voice », mais vous semblez décidée à renouer sérieusement avec la musique. Je me trompe ?
J’ai fait un chemin intérieur, loin des projecteurs, pendant un moment, mais je n’ai jamais cessé d’être artiste. Il a fallu que je passe par la peinture pour comprendre comment façonner une œuvre, construire une collection ou un album, en portant une conscience du message que l’on souhaite transmettre. Cette bifurcation m’a permis de reprendre des forces, de retrouver confiance en moi, d’apprendre à être artiste, et à exprimer mes émotions sans me cacher. Je suis totalement alignée avec ce que j’ai envie de transmettre au public, un public qui m’a déjà connue d’une certaine manière et qui va peut-être me redécouvrir. J’espère aussi toucher des personnes qui se sentiront proches de moi à travers mon parcours, le fait de quitter quelque chose pour retrouver ma sécurité, pour revenir avec bien plus de force et de convictions.

