JO Paris 2024 : Qui sont les jeunes susceptibles de ramener les médailles à la maison ?

« Les Français ne vont pas se mettre à gagner du jour au lendemain ». Les mots de Renaud Lavillenie au quotidien Le Monde résonnent d’autant plus que l’athlétisme français sort de ses pires mondiaux avec une seule médaille, l’or de Kevin Mayer en décathlon. A deux ans des JO de Paris 2024, le perchiste français ne croit pas en une super préparation de dernière minute.

Un avis que ne semble pas partager la fédé d’athlé puisque c’est exactement ce que celle entend faire. « On va mettre en place dans les mois qui viennent une cellule optimisation de la performance, entourée par un chercheur. Si ça aide les athlètes pour un centième ou un centimètre ça peut faire la différence », a lancé Romain Barras, directeur de la performance à la FFA, au sortir des Mondiaux d’Euegene. Le tout étant supervisé par Bertrand Valcin, cadre technique et ancien entraîneur de… Kevin Mayer.

En attendant que l’ancien coach du décathlonien nous fabrique miraculeusement des champions olympiques en puissance et à l’occasion de l’avant-dernier anniversaire précédant Paris 2024, 20 Minutes sur les bons élèves plus ou moins jeunes, plus ou moins connus, qui, tous sports confondus, devraient gratter une ou deux médailles sans avoir à passer par les cours de rattrapage de dernière minute.

Natation : Léon Marchand, l’évidence

Il aurait quoi qu’il arrive figuré sur notre liste, et à vrai dire, son incroyable percée aux mondiaux de natation (trois médailles, dont deux d’or) nous agacerait presque. A cause d’elle on ne pourra pas dire qu’on savait avant vous qu’il martyriserait la concurrence sur ses distances favorites et en relais. Léon s’en est chargé pour nous. Mais ça ne change rien : il est jeune (20 ans), il tient la pression des grands événements, bref, il est ce que les dirigeants du sport français auraient aimé produire en batterie pendant les précédentes olympiades.

Objectif de médailles : Soyons sympas et pas trop ambitieux non plus. On se contentera des trois mêmes médailles qu’aux championnats du monde.

Natation : Maxime Grousset, l’autre bonne surprise

Dans la catégorie parfait inconnu, on ne citera pas non plus Maxime Grousset. 4e du 100 m nage libre à Tokyo, le nageur français est rentré des Mondiaux de Budapest avec l’argent sur 50 m nage libre et le bronze sur 100 mètres. Certes, on pourra toujours trouver à y redire, souligner l’absence des Russes, de certains favoris, de ceci, de cela. Mais la progression de Grousset est réelle, et devrait mener le jeune homme (23 ans) sur les podiums olympiques d’ici deux ans.

Objectif de médailles : Comme pour Marchand, on reprendra le même menu qu’aux Mondiaux. Deux médailles, ça paraît pas trop mal.

110 m haies : Sasha Zhoya en quête d’éclosion

« La patience n’est pas mon point fort. » Ça sonne comme une évidence de la bouche d’un garçon de 19 ans dont le métier est de courir plus vite que les autres. Mais cette année, Sasha Zoya a dû prendre sur lui. D’abord, il a attendu les championnats de France pour claquer un chrono de référence (13’’17). Ensuite, il lui a fallu apprendre avec les grands aux Mondiaux d’Eugène, où il se rendait « sans pression ». Et se prendre les pieds dans le tapis. Enfin dans les haies, on se comprend. Aux Etats-Unis, Zhoya n’a pas atteint la finale, mais se satisfait d’avoir engrangé de l’expérience. C’est bien. Mais le temps presse désormais. Dans deux ans, plus que mature, il faudra être abouti. Un défi à la hauteur de son impatience.

Objectif de médailles : une et n’importe laquelle, l’athlétisme français n’est pas en mesure de faire la fine bouche.

Breakdance : Martin Lejeune, dans le rythme pour 2024

A l’image d’un Steven Da Costa à Tokyo, il n’aura pas le droit à l’erreur à Paris. Tout comme le karaté l’an passé, sa discipline, le breakdance, sera à l’essai aux JO 2024 et rien ne garantit encore qu’il soit reconduit à Los Angeles en 2028. Mais le bien nommé Lejeune – il aura 21 ans dans deux ans – fait déjà partie des grandes promesses de sa discipline, comme en atteste sa médaille d’argent aux JOJ de Buenos Aires, en 2018. Un fait d’armes autour duquel se construit désormais la discipline sur le territoire français en marge de l’objectif 2024.

Objectif de médailles : On veut l’or et rien d’autre, Martin. A la rigueur l’argent, si on considère qu’on n’est pas toujours chanceux dans les disciplines où un jury décide de notre sort.

Gymnastique : Mélanie de Jesus dos Santos

Loin d’être une inconnue, la gymnaste française fait partie de celles dont on attendra beaucoup à Paris. Elle a l’avantage d’avoir découvert les JO à Tokyo, en 2021. Ces derniers lui ont permis d’engranger de l’expérience et de lui faire affronter la réalité, celle d’un très haut niveau impitoyable. Hors du podium lors du concours général, par équipes et aux barres asymétriques, Mélanie Jesus dos Santos a décidé de poursuivre sa carrière aux Etats-Unis au côté de Simone Biles, dont les entraîneurs sont français.

« Mon projet, c’est la prépa olympique 2024 », déclarait-elle avant le grand départ. On n’en attendait pas moins.

Objectif de médailles : Une ou deux, ça semble à la portée d’une athlète de son talent.