JO 2026 – Biathlon : Quentin Fillon Maillet est-il déjà le « GOAT » ?
Quentin Fillon Maillet a désormais sept médailles olympiques en poche, obtenues entre Pékin et ce début de JO de Milan-Cortina 2026. Après avoir effectué un 10/10 au tir, il a terminé le sprint royal à Anterselva devant les Norvégiens Vetle Christiansen et Sturla Laegreid, respectivement repoussés à 13,7 et 15,9 secondes.
De notre envoyé spécial à Anterselva,
Plus d’une heure après avoir remporté son quatrième titre olympique, Quentin Fillon Maillet était ce vendredi encore assiégé par les sollicitations médiatiques. C’est alors qu’un chant retentissant émanant de la tente voisine du stade d’Antholz, où de nombreux supporters français s’étaient rassemblés, a jailli avec enthousiasme. Ce chant « lalalalalalala FI-LLON MAI-LLET » marque une journée historique pour le Jurassien.
Il a désormais sept médailles olympiques à son actif, remportées entre Pékin et le début des JO de Milan-Cortina 2026, après un sprint impressionnant où il a devancé les Norvégiens Vetle Christiansen et Sturla Laegreid, respectivement à 13,7 et 15,9 secondes. En difficulté au tir (5 erreurs au relais mixte, 4 à l’individuel) depuis le début de ces Jeux, comme souvent en Coupe du monde, « QFM » a réalisé un 10/10 à un moment où peu de monde croyait en sa capacité.
Simon Fourcade très confiant après le 5/5 couché
Une performance qui écrase la concurrence, comme il l’avait fait en Chine, y compris face au vainqueur de l’individuel Johan-Olav Botn (8e). Après la course du jour à Anterselva, ce dernier semblait peu surpris par la performance du Français. Il n’avait pas gagné de sprint depuis… janvier 2025 à Oberhof !
« Tout le monde est conscient que le niveau de Quentin est vraiment élevé, a déclaré le Norvégien, interrogé par 20 Minutes. On a vu à l’individuel qu’il avait déjà un très bon temps de ski [1er avec 11,3 secondes d’avance sur Johannes Dale-Skjevdal]. Aujourd’hui, il a pris le risque de tirer très rapidement, et comme il a fait 10/10… Il est parmi les plus rapides, donc s’il réussit un 10/10 en tirant vite, c’est le meilleur biathlète du monde. »
Johan-Olav Botn, fair-play, reconnaît donc le talent du futur papa de 33 ans, qui a fait une annonce touchante sur Eurosport (prends ça Sturla Laegreid). L’entraîneur des Bleus, Simon Fourcade, a encore approfondi sa réflexion sur l’héritage que laisse le héros des JO 2022. « C’est un très grand monsieur. Je lève quasiment les bras quand il réussit son 5/5 au tir couché, car je sais qu’il ne peut quasiment plus rien lui arriver par la suite. La détermination de cet homme est incroyable, avec une force intérieure qui l’accompagne, vu ce qu’il a annoncé à la fin de la course. »
Profession « collectionneur de médailles »
« Il faudra voir les orientations que Quentin va prendre pour savoir où se situe son niveau de popularité. C’est un collectionneur de médailles, il veut toutes les prendre. Avec son élan, il ne va pas laisser beaucoup de place aux autres jusqu’à la fin. On se posera la question de qui est le GOAT après les Jeux. »
Souriante, la réflexion de Simon Fourcade risque de devenir un réel sujet de discussion, tant « QFM » vient une nouvelle fois de surprendre tous ceux présents à Anterselva. « Le chemin a été difficile, a noté l’intéressé. Ces quatre dernières années, je n’étais pas à mon meilleur niveau, surtout au tir. Mais je sais que je peux faire de gros tirs. Aujourd’hui, c’était la course parfaite, tout était idéal. »
Eric Perrot encore « impressionné » par « QFM »
Ce succès inspire le jeune Eric Perrot (24 ans), qui a terminé 9e ce vendredi avec un 8/10 au tir. « Quentin a réalisé une course extraordinaire, avec une grande densité devant lui. Je suis vraiment impressionné par ce qu’il arrive à accomplir pour être encore là aujourd’hui. » Eric Perrot a ensuite analysé avec pertinence la double facette de ce personnage, à la fois irrégulier au long d’une saison de Coupe du monde et transcendant lors des grands moments de son sport.

« Il essuie beaucoup de critiques, a-t-il fait remarquer. Si on fait le bilan des défaites et des victoires, les statistiques ne sont pas forcément bonnes. Mais c’est cela qui fait les grands champions : ils sont capables de gagner dans les moments cruciaux. Il a compris que ce n’est pas parce qu’on traverse de longues périodes difficiles qu’on ne peut pas gagner la course du lendemain. C’est une véritable force qu’il possède. »
Notre dossier sur les JO d’hiver 2026
Et le voilà déjà double champion olympique en trois courses en Italie, alors qu’il reste encore la poursuite, le relais hommes et la mass-start à disputer. « Deux médailles d’or dans cet événement, c’est incroyable, savoure-t-il. Le petit Jurassien que j’étais s’imaginait devenir champion, mais pas avec un tel succès. J’ai tellement pensé à ça cette année : franchir la ligne et allumer du vert. Cette vision de la victoire m’animait et me poussait. » Il est désormais gravé pour de bon dans l’histoire du sport français.

