JO  2024: « On ne sera pas la variable d’ajustement de Paris 2024 », préviennent les élus de Seine Saint-Denis

Roxana Maracineanu lors du lancement du chantier du village olympique en Seine Saint-Denis, en novembre 2019. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

  • Il y a quelqes jours, l’Equipe rendait public les possibles changements de locations pour certaines épreuves de Paris 2024.
  • La Seine-St-Denis, qui devaient être au centre de ces Jeux, pourraient être la grande perdante.
  • 20 Minutes s’est rendu à la contre-offensive médiatique des élus du 93.

Un coup de pression comme on les aime. Quelques jours après avoir recraché leur café en lisant l’Equipe, les élus de Seine Saint-Denis ont organisé leur contre-offensive médiatique jeudi juste à côté du Stade de France pour peser dans le débat, alors que le comité d’organisation des JO 2024 (Cojo) doit se réunir dans les jours qui viennent pour trancher dans le vif. Rattrapé par la crise du Covid et la chute anticipée des recettes de sponsoring, Paris 2014 cherche à sabrer dans les dépenses. 10 % de budget en moins, soit 400 millions à trouver en fouillant dans toutes les recoins.

Le 93 ne veut pas perdre la natation

Les premières fuites laissent assez peu de place au doute. Le 93 devrait trinquer plus que les autres, alors que c’est en vendant la transformation accélérée de ce territoire populaire grâce aux Jeux que Paris a en partie obtenue le pompon avant Los Angeles. Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental, s’époumone avant le drame : « Ça fait plusieurs mois qu’on nous joue cette petite musique désagréable des économies à réaliser en Seine Saint-Denis. On comprend bien le contexte mais notre département ne doit pas être un alibi au moment de la candidature pour devenir la variable d’ajustement du projet ensuite. Il y a des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies ».

Une crainte domine toutes les autres. Celle de voir les épreuves de natation, le traditionnel temps fort de la première semaine, déménager dans les Hauts de Seine (à l’Arena de Nanterre), pour se passer du bassin démontable chiffré à 200 millions environ dans le cahier des charges. « Ce n’est pas une petite affaire que de perdre la natation, déplore Mathieu Hanotin, le maire de Saint-Denis Quoi de mieux que d’avoir les épreuves les plus prestigieuses ici pour attirer les investisseurs ? On nous parle d’escalade en échange, mais même si je ne veux offenser personne, l’attractivité n’est pas la même entre les deux épreuves. Ce n’est pas le premier mouvement de revoyure qu’il y a eu. Alors non, on n’est pas contents ».

« Heureusement qu’ils ne peuvent pas déplacer le Stade de France »

L’élu socialiste fait référence aux concessions déjà opérées en 2018 avec la perte, entre autres, du badminton, et la révision à la baisse des ambitions pour le « cluster » des médias au Bourget (transformé ensuite en logements pour les habitants), qui risque aussi de perdre le volley, pressenti pour atterrir… à Lille, par une gymnastique visiblement très souple. En effet, les lignes 16 et 17 du métro qui doivent relier Paris au Bourget ne seront pas terminées à temps. Une perspective qui agace prodigieusement Stéphane Troussel, qui en appelle à Jean Castex, l’ancien délégué interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques pour éviter la saignée :

« Le gouvernement vient d’annoncer un plan de relance de 100 milliards d’euros, il me semble qu’il y a là des possibilités pour accompagner la transformation de la Seine Saint-Denis. Je sais ce que sont les promesses en l’air. Je rappelle que le problème de la piscine olympique devrait être réglé depuis longtemps. On avait promis qu’elle serait construite à Aubervilliers que Paris obtienne, ou pas, les JO 2012. On attend toujours ».

Sollicité par l’Equipe, le Cojo maintient que le 93 restera « le territoire qui accueille le symbole de l’universalisme des Jeux, le village olympique, et le premier sport, l’athlétisme, pour 985 millions d’euros sur le 1,3 milliard investi par l’État via la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques) ». Une mise au point qui attire une plaisanterie grinçante de Mathieu Hanotin : « Pour la blague, je dis souvent « heureusement qu’ils ne peuvent pas déplacer le Stade de France » ». Sous-entendu ? Sinon l’athlétisme se ferait la malle aussi, comme la cérémonie d’ouverture, dont il se murmure qu’elle pourrait « casser les codes » et ne pas avoir lieu dans le stade des champions du monde 98. Cela commencerait à faire beaucoup.

Sport

Paris 2024: « Il faut rétablir la connexion entre les JO et l’économie solidaire », soutient Marie Barsacq

Sport

Coronavirus : Pour Paris 2024, « il y a beaucoup de sujets à remettre en question »

0 partage