JO 2024 : La Seine olympique, la grande innovation de Paris « pour faire grandir les Jeux »

La cérémonie d’ouverture (presque) comme si on y était. Ce lundi soir au port de Javel, à Paris, Tony Estanguet, président du Comité d’organisation des JO 2024, a dévoilé les grandes lignes du traditionnel défilé des athlètes qui ouvrira les Jeux parisiens. Un moment qui n’aura justement rien de classique. Comme il en avait rêvé à voix haute, l’ancien champion de canoë a obtenu de haute lutte de pouvoir organiser cette cérémonie en plein cœur de la ville, avec la Seine pour théâtre central. Une première dans l’histoire des JO.

Le 24 juillet 2024, les athlètes partiront en bateau depuis le pont d’Austerlitz, juste après la Bibliothèque nationale de France. Ils parcourront le fleuve pendant six kilomètres, passant devant Notre-Dame, le musée d’Orsay, le Louvre ou le Palais Bourbon, avant de débarquer au niveau du Pont d’Iéna pour finir la cérémonie sur l’esplanade du Trocadéro. « Nous voulions apporter notre contribution, faire grandir les JO. Cette cérémonie sera le marqueur de Jeux spectaculaires, créatifs, innovants et ouverts », s’est félicité Estanguet, qui y pensait déjà avant même d’obtenir l’organisation, en 2017.

La même qu'en bateau mouche, mais avec plus de gens pour regarder.
La même qu’en bateau mouche, mais avec plus de gens pour regarder. – Paris 2024

Quelque 160 bateaux seront mobilisés pour les athlètes, qui vont défiler devant une assistance inédite. Entre les spectateurs qui auront acheté leur billet pour se placer au niveau des quais bas et ceux qui pourront déambuler librement sur les quais hauts, la cérémonie sera ouverte à près de 600.000 personnes. C’était une volonté forte du Cojo, et cela annonce une fête extraordinaire. Mais il a fallu faire face à d’épineuses questions de sécurité, qui ont d’ailleurs longtemps rendu cette idée incertaine.

Un protocole entre Paris 2024, la ville de Paris et l’Etat pour la sécurité

Finalement, le Comité d’organisation, aidé par le délégué interministériel Michel Cadot, a obtenu l’accord de toutes les parties, ministère de l’Intérieur, armée, police municipale, prestataires privés… « Nous établirons un protocole entre Paris 2024, la ville de Paris et l’Etat pour qu’il y ait un vrai partage des responsabilités et des compétences. Tout le monde a déclaré la faisabilité d’une cérémonie d’ouverture sur la Seine », a précisé Estanguet, sans donner pour le moment de chiffres sur les forces mobilisées.

Aux côtés de la maire de Paris Anne Hidalgo, de la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineau et de la présidente du CNOSF Brigitte Henriques, le double champion olympique n’était pas peu fier de présenter les premières images de synthèse de ce à quoi pourrait ressembler ce coup d’envoi suivi par un milliard de téléspectateurs. Entre un mur d’eau en hologramme devant le quai d’Orsay, des danseurs sur les toits, des artistes de cirque accrochés à des passerelles et un show aérien avec des montgolfières, l’équipe en charge de la création artistique ne s’est rien refusé. « La Seine ouvre un potentiel illimité pour exprimer notre potentiel créatif », en salive le patron des Jeux.

On part sur de la couleur, donc.
On part sur de la couleur, donc. – Paris 2024

Pour Anne Hidalgo, qui espère occuper d’autres fonctions au moment de cette cérémonie, ce moment « va marquer le monde par la beauté du spectacle et les messages envoyés ». En résumé, les grandes villes qui reconquièrent leur fleuve, des Jeux autant pour les athlètes que pour le peuple et la défense du vivre ensemble. Vaste programme, qui va s’affiner dans les mois à venir, avec l’objectif que tout soit calé à la fin de l’année 2022. Notamment le budget.

Car cette grande fête sera évidemment plus chère qu’une cérémonie confinée. « Nous voulons finaliser le plus vite possible le coût des quatre cérémonies [d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques] pour les intégrer au budget du Cojo et savoir s’il faut que l’on ajuste certains autres postes », dit Tony Estanguet, qui promet de ne pas renoncer à une autre promesse : la limitation des coûts. Pour admirer le produit fini, rendez-vous le 26 juillet 2024. « On a hâte d’y être, a lancé Florent Manaudou, en duplex depuis Tignes avec un joli parterre d’athlètes olympiques. On aurait envie que ce soit dans six mois, mais il va falloir attendre un peu. » 956 jours, très précisément.