JO 2022 : Malgré ses trois médailles olympiques, Quentin Fillon Maillet veut encore « faire rêver la planète »

De notre envoyé spécial à Zhangjiakou,

Pour quelqu’un qui vient d’enchaîner une troisième médaille olympique en trois courses, Quentin Fillon Maillet, deuxième du sprint samedi derrière un Johannes Boe définitivement retrouvé, reste étonnement très sobre dans sa célébration. D’abord parce que, selon ses propres mots en zone mixte, « le résultat n’est pas aussi fort que sur l’individuel », mais surtout parce que le bonhomme est « déjà dans la poursuite de demain (dimanche) ». Sur ses réseaux sociaux, le discours est le même. « Hâte d’être à demain ». Et on le comprend. En cas de podium dimanche lors de la poursuite (il partira à la chasse au Boe avec 25 secondes de retard), QFM pourrait rentrer un peu plus dans l’histoire en devenant le premier français de tous les temps à remporter quatre médailles sur une seule olympiade.

Il en a pleinement conscience et l’annonce lui-même, quelques minutes plus tard en conférence de presse. « Je suis avec Martin Fourcade​ et Anaïs Bescond, qui ont eu trois médailles sur des JO. Et comme il reste encore trois courses…, dit-il en souriant, laissant volontairement sa phrase en suspend. C’est que le garçon a le sens de la mise en scène. Et des mots qui claquent : « J’ai encore envie. J’ai envie de faire rêver les Français. Pas que les Français d’ailleurs, de faire rêver la planète. » On le voit, le leader de la Coupe du monde n’a absolument pas décidé de s’arrêter là. « Il a pleinement raison de profiter de son état de forme, de ses sensations actuelles, appuie Vincent Vittoz. C’est pour ça qu’il n’a pas fallu le faire redescendre sur terre (après l’or de lundi) car c’est son caractère, il avait conscience qu’il pourrait faire plusieurs médailles. C’était pas sur le format individuel que l’histoire devait s’arrêter. »

Déjà tourné vers la poursuite de dimanche

Mais le coach de l’équipe de France a beau connaître son poulain, il n’en reste pas mois bluffé par sa capacité de remobilisation immédiate : « Quentin devait digérer son titre sur l’individuel, donc de le voir confirmer aujourd’hui c’est fort. Parce qu’il aurait pu voir le fait d’être champion olympique comme un aboutissement ». Oui mais non. La soirée de lundi n’a pourtant pas été de tout repos et il a fallu gérer au mieux les demandes médiatiques (il va d’ailleurs devoir s’y habituer). Il raconte.

« C’était assez fatigant, j’ai fini les interviews à 23h30 pour une course qui commençait à 16h30. Je me suis posé le lendemain mais j’ai quand même accusé le coup. Ça explique peut-être pourquoi je suis derrière Johannes aujourd’hui. Après, je savais que cette médaille d’or pourrait entraîner un peu de fatigue, mais c’est un problème de riche. »

Un problème qu’il ne connaîtra pas samedi. Ouais, on a été sympa et on l’a libéré à 19h30. Enfin… On nous l’a retiré à 19h30, le chef de presse du groupe France mimant le geste du ciseau avec ses doigts. Pour les plus vieux, vous savez, c’était la pub Twix, deux doigts coupent faim. Mais on s’égare, pardon.

Avant de partir se réchauffer, on a tout de même osé une dernière question. Que faudra-t-il faire pour viser l’or dimanche ? Réponse du coach : « Il faudra qu’il fasse sa course. On sait que Johannes part très, très vite alors que Quentin a plus tendance à accélérer (au fur et à mesure), il faudra être simplement en attente, faire sa course seul et attendre que Johannes ouvre une porte à un moment donné et c’est là qu’il faudra vraiment savoir saisir cette opportunité ». Pour la France. Non, pour la planète.