Jo 2021 – Boxe : « Le superviseur a reconnu qu’il y avait une erreur », Mourad Aliev n’aurait jamais dû être disqualifié par l’arbitre

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Un bon gros scandale arbitral qui tâche à la boxe, ça nous avait manqué. On a pourtant tout bordé avant histoire de pas passer pour les chauvins de service, mais l’évidence a fini par s’imposer : Oui, Mourad Aliev s’est fait enfler par l’arbitre de son match contre Clarke, disqualifié à quatre secondes de la fin quart de finale qu’il menait, pour avoir soi-disant ouvert les deux arcades sourcilières du Britannique avec la tête. L’Azéri, débarqué en France à six ans, en était tellement outré qu’il décidait de rester assis sur le bord du ring pendant une bonne demi-heure en signe de protestation, soutenu par son entraîneur, Mohamed Boulakras.

« Ils ne peuvent pas revenir en arrière »

Les officiels s’y mettaient à plusieurs pour les déloger avant d’y parvenir, mais une réunion avec le superviseur ne changeait rien à l’affaire, bien au contraire : « Ils reconnaissent qu’ils ont fait une erreur mais comme c’est écrit ils ne peuvent pas revenir sur la décision. C’est un scandale », dénonçait dans la foulée Aliev au micro de France V. Une info confirmée à 20 Minutes par Patrick Wincke, DTN de la boxe française jusqu’au printemps, et en lien direct avec le clan français à Tokyo ce dimanche.

« On est scandalisés. L’Anglais est touché à l’arcade depuis le TQO européen [Il avait été battu par Aliev en finale], c’est même le médecin français qu’il l’avait soigné ce jour-là. Il avait une fragilité à ce niveau-là. Bon, il s’ouvre l’autre arcade, il reste 4 secondes, et le médecin dit qu’il ne peut plus combattre. L’arbitre décide de disqualifier Mourad sauf que la vidéo montre clairement que les ouvertures d’arcades sont dues à des coups de poing, pas du tout à des coups de tête ! Le superviseur a visionné deux fois le combat avec Mourad et avec John Dovi, le chef d’équipe, il a reconnu que l’arbitre s’était trompé, tout en disant qu’on ne pouvait pas revenir en arrière parce que c’est le règlement, c’est comme ça ».

Une plainte devant le TAS

Encouragée par Brigitte Henriques, la présidente du Cnosf, le président de la Fédération française de boxe a annoncé qu’il allait porter réclamation devant le TAS. Un recours qui a hélas très peu de chances d’aboutir. « Moi qui ne viens pas de la boxe, c’est des choses que je ne comprends absolument pas », se désole Patrick Wincke, qui refuse toutefois de descendre le système d’arbitrage à Tokyo. « Avant il y avait des suspicions sur certains arbitres, là ce n’est pas le cas, c’est juste une question de compétence et de règlement ».

Il y a quelques jours, le clan tricolore s’était déjà indigné de l’arrêt du combat décidé pour Sofiane Oumiha, alors que le vice-champion olympique de Rio n’avait pas été compté comme le veut le règlement. « Sur le moment on était abasourdis, mais le protocole qui est observé après chaque K.O. a montré que Sofiane était touché, pondère Wincke. L’arbitre a vu qu’il n’avait pas récupéré. Evidemment, il faut protéger l’athlète au maximum ». Il n’empêche, Mourad Aliev était la dernière chance de médaille pour la boxe française au Japon. Six médailles à Rio, zéro à Tokyo, la descente est rude.