JO 2021 – Basket : « Des fautes stratégiques », les Américains ont ressorti le hack-a-Shaq pour Rudy Gobert

De notre envoyé spécial,

Gregg Popovich n’est pas un des coachs les plus expérimentés du monde pour rien. Le manager de Team USA savait qu’il n’avait personne en magasin pour contrer la masse de Rudy Gobert dans la raquette, à part le vétéran JaVal McGee, alors il a sorti du placard à vieilleries la tactique préférée de la moitié des équipes NBA au début des années 2000 : le fameux « Hack-a-Shaq », consistant à envoyer Shaquille O’Neal sur la ligne des lancer francs le plus souvent possible. Et pourquoi ça ? Parce que l’ex-pivot archi-dominant des Lakers ne savait pas quoi faire de cette petite balle orange dans ses grandes paluches une fois seul sur la ligne.

L’arme offensive numéro 1 des Bleus

Et bien les Américains ont tenté la même chose sur Gobert, un pari confirmé entre deux portes par Steve Kerr, l’adjoint de Popovich, qui louait tout de même le « très grand match de Rudy », loin d’être coupable de quoi que ce soit. Entre les balles perdues et le talent de Kevin Durant, les points laissés en route ne sont qu’un détail parmi d’autres. Longtemps en guerre contre ses joueurs qui gaspillaient trop de points sur la ligne, Collet s’en désolait tout de même un peu en conférence de presse.

Les lancers, ça fait partie des choses qu’on peut maîtriser. Rudy travaille beaucoup cet aspect, c’est un point faible chez lui, même s’il y a des jours où il va en mettre un peu plus. On sait que la défense américaine a stratégiquement choisi de faire faute sur lui. Le hack-a-Shaq dont vous parlez, c’était un peu ça à un moment donné »

Un meilleur pourcentage en NBA

Gavé de ballons comme rarement dans sa vie, « Roudy » a souvent profité de son avantage de taille et de corpulence sur Durant pour lui marcher dessus dans la peinture (16 points). Mais comme le Français n’aura sans doute jamais la même fluidité offensive que Shaq à la belle époque, il n’a que rarement obtenu le panier ET la faute. Il lui fallait donc aller convertir les fautes provoquées à chaque fois aux lancers, avec un énorme déchet. 6/13 seulement, alors qu’il tourne toujours à plus de 60 % de moyenne depuis cinq ans en NBA.

MAIS

  • Son pourcentage baisse un peu en playoffs, généralement autour de 55 %.
  • Il n’en tire jamais autant que samedi contre les USA (5 ou 6 lancers en moyenne).
  • Une finale olympique a peu d’équivalents en terme de pression.

Le garçon, aperçu en pleurs sur le banc français à la fin du match, avait du mal à ne pas s’en vouloir un peu : « On a essayé de les impacter à l’intérieur, on a tous bien travaillé pour ça, on a provoqué des fautes et marqué beaucoup, quand même. Mais j’ai raté trop de lancers, ça a eu un impact sur le scénario. Si j’en mets 4 ou 5 de plus ça change le match. Cela fait partie des choses où je peux avoir des regrets ». Cela ressemblait pourtant à l’un des meilleurs matchs de Gobert en équipe de France, l’un de ceux où il a le plus pesé offensivement, dessinant le chemin qu’il devra emprunter dans les années à venir, autant en club qu’en sélection. Avec un poil d’adresse en plus aux lancers, si possible.