Jeux vidéo : Le prochain « Assassin’s Creed » sera conçu depuis le studio bordelais d’Ubisoft

Quinze ans après la sortie du premier jeu Assassin’s Creed, en 2007, Ubisoft avance sur la prochaine version du blockbuster vendu à 200 millions d’exemplaires : Assassin’s Creed Mirage, dont la sortie est prévue en 2023. La conception en a été confiée au studio bordelais du créateur de jeux vidéo français.

Visite de chantier du nouveau studio bordelais d'Ubisoft, par son directeur Julien Mayeux (à droite) et le maire de Bordeaux Pierre Hurmic
Visite de chantier du nouveau studio bordelais d’Ubisoft, par son directeur Julien Mayeux (à droite) et le maire de Bordeaux Pierre Hurmic – Mickaël Bosredon

Implanté depuis 2017 à Bordeaux dans le quartier des Bassins à Flot et à Bastide, Ubisoft
a présenté ce mardi son futur studio qui regroupera toutes ses équipes bordelaises d’ici à fin 2023, dans le quartier Bastide-Niel, sur la rive droite. Avec 7.500 m2 de surface, il s’agira du plus grand studio français d’Ubisoft, implanté aussi à Montpellier, Lyon et Paris.

Assassin’s Creed Mirage plongera les joueurs au cœur du IXe siècle, à l’âge d’or de la ville de Bagdad

« Au démarrage nous étions une dizaine à Bordeaux, en provenance du studio de Paris et de Montréal essentiellement, rappelle le directeur de l’antenne bordelaise d’Ubisoft, Julien Mayeux. Il y a deux ans nous avons commencé à travailler sur la marque Assassins’ Creed, en participant au dernier opus Valhalla qui vient de fêter ses 20 millions de joueurs, et aujourd’hui nous avons la chance d’être ceux qui feront le prochain Assassins’ Creed. » Pour cela, les équipes sont progressivement montées en puissance, pour atteindre rapidement 300 personnes, et 400 d’ici à l’année prochaine.

Image de synthèse du futur studio bordelais d'Ubisoft, qui sera le plus grand studio bordelaise de l'entreprise de jeux vidéos
Image de synthèse du futur studio bordelais d’Ubisoft, qui sera le plus grand studio bordelaise de l’entreprise de jeux vidéos – Ubisoft

Assassin’s Creed Mirage plongera les joueurs au cœur du IXe siècle, à l’âge d’or de la ville de Bagdad. Les joueurs incarneront un nouveau héros, Basim Ibn Is’haq, un voleur de rue au passé mystérieux. « Pour la conception du jeu, nous reproduisons le schéma traditionnel d’Ubisoft qui repose sur un co-développement avec plusieurs studios mais dont le « lead » a été confié à Bordeaux », poursuit Julien Mayeux.

Le futur studio bordelais sera une locomotive d’Ubisoft

En ce qui concerne la réalisation de son nouveau studio, dont la construction est déjà bien avancée, il s’agit d’un bâtiment inséré dans une parcelle toute en longueur. Les architectes ont tenu à conserver des traces du passé industriel et ferroviaire du site, notamment en maintenant la charpente existante, même si elle a pour l’instant été déplacée pour être « déplombée » et « rénovée ».

L’enveloppe du bâtiment sera en terre cuite, avec également un parement en pierre bordelaise. A l’intérieur, une grande rue traversera tout le studio, « avec des passerelles pour articuler les différents espaces, et des plateaux de bureaux spacieux », détaille l’architecte Jennifer Lemot (Les Ateliers 4 +). « La particularité d’Ubisoft, poursuit l’architecte, est qu’il faut protéger les salariés de la lumière car il y a beaucoup d’écrans, ce qui va aussi avec une approche bioclimatique de l’architecture, nous avons ainsi mené un travail sur le confort lumineux, et acoustique. »

Ce « sera une locomotive » d’Ubisoft, assure Julien Mayeux, qui espère y attirer « les meilleurs talents. » En pleine croissance, le secteur du jeu vidéo compte quelque 700 studios sur tout le territoire français, notamment à Montpellier, Lyon et Bordeaux, et emploie 15.000 personnes. Il pèse 5,6 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Ubisoft, le poids lourd français, revendique quant à lui une présence sur cinq continents avec plus de 45 studios, animés par un réseau de 20.000 salariés.