Jeux d’argent et de hasard : Intérêt accru des Français depuis la crise sanitaire

Les Français ne cachent pas leur jeu… Loteries, paris sportifs, jeux d’e-sport, leur intérêt pour les jeux d’argent et de hasard sur Internet a grimpé en 2021, selon une étude publiée ce mercredi par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). « La situation sanitaire contraignante pourrait avoir conduit une partie des répondants à surinvestir les activités numériques, dont celles des jeux d’argent et de hasard », justifie l’OFDT dans un communiqué.

La pratique des jeux a enregistré une hausse avec plus d’un répondant sur deux (59 %) ayant engagé une mise pour la première fois au cours des douze derniers mois. En tête des plus pratiqués, les jeux de loterie sur Internet demeurent les plus prisés par les sondés avec près de sept joueurs sur dix ayant engagé une mise au cours de l’année.

Des jeux d’argent et d’hommes

Suivent les paris sportifs (50 %), les jeux d’e-sport (33 %) et le poker (32 %). Les jeux de casino et les paris hippiques occupent les dernières places. En matière de jeux d’argent et de hasard, seuls la loterie et les paris sportifs sont encadrés par une offre légale en France. L’accès aux jeux d’e-sports, notamment, se fait sur des sites illégaux.

Le profil moyen des joueurs reste majoritairement masculin (71 %), comme indiquait déjà la dernière étude de 2017. Les femmes sont, cependant, majoritaires dans le profil des joueurs de loteries alors que les hommes ont plutôt tendance à se tourner vers des paris sportifs ou le poker. La moyenne d’âge se situe autour de 34 ans pour les nouveaux joueurs contre 37 ans pour les joueurs plus habituels.

Le « jeu problématique »

Les conséquences à moyen et long terme sur les comportements ou la santé des joueurs sont encore « mal connues », selon l’étude. Mais les joueurs ayant une pratique récente semblent éprouver plus de difficultés à réguler leur comportement que les joueurs ayant une pratique plus habituelle. 39 % des nouveaux joueurs seraient plus à risque d’avoir une pratique excessive des jeux d’argent et de hasard contre 24 % pour les autres.

L’évaluation du « jeu problématique » s’appuie sur l’Indice canadien du jeu excessif (ICJE) qui analyse différentes situations observées dans les pratiques des joueurs comme la volonté de rejouer pour regagner les sommes perdues, les impacts remarqués sur la santé ou encore la nécessité d’emprunter de l’argent pour continuer à jouer. Enquête menée sur un panel de 1.983 personnes ayant engagé au moins une mise sur Internet durant l’année 2021.