« J’étais complètement isolé » : Sébastien « Ceb » Debs, de l’e-sport à « Loups Garous »
Sébastien Debs, plus connu sous le pseudo « Ceb », est un ancien joueur professionnel de Dota 2, ayant remporté « The International » en 2018 et 2019 avec l’équipe OG qu’il a co-fondée. L’e-sport est dominé en France par League of Legends, tandis que Dota 2 possède une communauté beaucoup plus réduite dans le pays.

L’e-sport est le domaine de Sébastien Debs, plus connu sous le pseudo « Ceb », ancien joueur professionnel de jeux vidéo compétitifs. Il est la référence française et mondiale de Dota 2, un jeu multijoueur en ligne. Ce jeu, souvent comparé à League of Legends, a transformé la vie de ce jeune retraité. En plus de dix ans de carrière, Sébastien Debs est devenu l’un des joueurs les plus titrés sur la scène compétitive. « Je suis le seul Français à avoir atteint ce niveau, et de très loin », confie-t-il.
Sur le plan du palmarès, en 2018 et 2019, lui et OG, la structure qu’il a co-fondée, remportent « The International », l’équivalent des championnats du monde. Ils sont la première équipe de l’histoire à obtenir deux titres suprêmes consécutivement avec le même effectif. Sébastien Debs a également exercé en tant qu’entraîneur pour OG, avec laquelle il a remporté trois tournois majeurs en quelques mois. Malgré sa carrière exemplaire et la montée en puissance de l’e-sport en France, Sébastien Debs n’a pas la popularité qu’il mérite dans son pays.
Un pilier de l’e-sport méconnu des Français
League of Legends est le jeu e-sport le plus suivi et apprécié en France, tandis que Dota 2 ne compte qu’une petite communauté dans le pays. Ce dernier est perçu comme une version plus complexe de LoL, jugé plus accessible pour le grand public. Néanmoins, Sébastien Debs a choisi de rester fidèle à son jeu favori. « À l’époque, il n’y avait aucune idée de carrière ou d’argent, souligne le joueur. On jouait par passion, pour progresser et se confronter aux meilleurs. Dota était le jeu le plus exigeant, donc le plus stimulant. Aller vers un jeu plus simple ne m’a jamais traversé l’esprit, d’autant plus qu’après des années d’entraînement, repartir de zéro n’avait aucun sens. »
Les deux jeux ont lancé leurs compétitions e-sport au début des années 2010, mais « c’est League of Legends qui a tout raflé en Europe occidentale », note Sébastien Debs. Il a constaté tout au long de sa carrière ce manque de reconnaissance de Dota 2 en France.
« Dota 2 a une immense popularité en Asie et en Europe de l’Est, ajoute-t-il. Dans ces pays, c’est impossible pour moi d’être anonyme dans la rue. En France, je pourrai presque passer incognito, et c’est tant mieux d’ailleurs. »
Chaque victoire du joueur pouvait lui donner l’impression de s’imposer « dans son coin ». « J’étais complètement isolé, avoue Sébastien Debs. Recevoir l’amour des fans était magique, mais je manquais cruellement de soutien français. Avec le rythme effréné des compétitions, je n’avais pas non plus l’opportunité de créer une grande communauté française sur les réseaux sociaux. Maintenant que j’ai plus de temps pour m’y consacrer, je transmets toute mon expérience et ma passion pour faire découvrir ce jeu en France. Actuellement, de nombreux tournois e-sport internationaux se déroulent dans le pays. Ce serait un rêve pour moi que les championnats du monde de Dota 2 se tiennent à Paris. J’ai arrêté toute compétition il y a plus d’un an, mais je ne pourrai pas uniquement regarder ce tournoi dans les gradins. »
Un joueur e-sport qui sort des sentiers battus
Après une carrière riche en trophées et en moments mémorables, Sébastien Debs a décidé de changer d’univers. D’ordinaire derrière un écran, il s’est retrouvé devant la caméra, aux côtés de quatorze autres joueurs pour la série Loup-Garou sur Canal+. Cette émission, où la stratégie et la gestion de la pression sont cruciales, a permis à Sébastien Debs de représenter l’e-sport auprès du grand public.
« Loup-Garou m’a permis de montrer une autre facette de l’e-sport. On connaît souvent cette discipline pour les réflexes ou la mécanique des joueurs, mais la stratégie, le mental, la gestion humaine sont aussi fondamentaux. Mon expérience personnelle m’a beaucoup aidé pour le jeu. La gestion du stress, l’adaptation, la lecture des autres, l’anticipation ou encore le travail d’équipe, c’est mon quotidien depuis des années. J’ai appris à transformer toutes ces compétences en force. C’était aussi une occasion en or de casser les clichés et de montrer que l’e-sport est une discipline stratégique, concrète et sérieuse. »

