« Jessica » : l’héritière de « Karen » ne rassure pas
La « Jessica » évoquée est perçue comme la nouvelle version de la « Karen » aux Etats-Unis, une figure souvent associée à des comportements déplacés et à un sentiment de supériorité. Le prénom « Jessica », qui a été commun parmi les filles nées dans les années 1980, serait considéré par certains comme le plus pertinent pour succéder aux « Karen », bien que les « Jessica » de l’époque actuelle s’apparentent davantage à des « digital natives » cherchant à exposer leurs préoccupations sur les réseaux sociaux.
Qui est cette « Jessica » qui fait le buzz sur les réseaux sociaux ? Il ne s’agit ni d’une nouvelle influenceuse, ni d’une actrice couronnée aux Grammys, et encore moins du prénom le plus populaire en France (pour rappel, c’est toujours Louise). Non, la « Jessica » mentionnée est considérée comme la nouvelle enquiquineuse en chef – nous pesons nos mots – aux États-Unis, remplaçant la « Karen ». Ou plutôt, elle en serait l’héritière, selon *The Independent*.
Les internautes recherchent depuis plusieurs mois une nouvelle « Karen », sa cadette, pourrait-on dire, qui serait née une bonne génération plus tard. Après les baby-boomers, place aux milléniaux. À chaque génération, sa reloue de service, affirment les socionautes. Mais tout comme « Karen » avant elle, la caricature de « Jessica » parviendra-t-elle à s’imposer dans la culture pop américaine ?
### Un sentiment de supériorité et d’impunité
« Karen » est le terme péjoratif désignant les baby-boomers et les femmes de la génération X plus âgées – généralement blanches – qui s’immiscent apparemment dans les affaires des autres, explique le quotidien britannique. Vous avez forcément entendu parler de cette femme privilégiée d’âge mûr qui dénonce tout (et souvent n’importe quoi) en raison de son sentiment de supériorité et d’impunité. « Passez-moi le responsable », « je vais aller vérifier par moi-même », « vous savez à qui vous vous adressez » sont des phrases que pourrait typiquement prononcer une « Karen ».
Cependant, le terme « Karen » est vite passé de mème humoristique à outil de critique sociale, devenant « un symbole de racisme et de privilège blanc », selon le *New York Times.* En 2020, Amy Cooper a contacté la police en affirmant qu’un homme afro-américain la menaçait alors qu’elle se trouvait dans Central Park. Une scène filmée montrant qu’en réalité, cet homme lui avait simplement demandé de tenir son chien en laisse. Sur les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, le hashtag #Karen a rapidement pris de l’ampleur, offrant une nouvelle dimension à ce prénom, qui était l’un des plus courants dans les années 1960 aux États-Unis.
### « Jessica », la version millénaire et connectée
La « Jessica » n’a pas encore acquis un tel statut symbolique, mais ce prénom a été choisi pour des raisons similaires. Aux États-Unis, il a figuré parmi les prénoms les plus attribués aux filles nées dans les années 1980, tout comme Amanda ou Jennifer. Selon certains internautes relayés par *The Independent*, les Jennifer et les Amanda sont considérées comme sympathiques, à l’inverse des… Jessica – les intéressées apprécieront. Ainsi, ce prénom semblerait le plus approprié pour succéder aux « Karen ».
D’après les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, les « Jessica » seraient toujours plongées dans le drame, exprimant publiquement leurs préoccupations sur tout (et n’importe quoi), surtout face à la moindre contrariété. Un bouquet de fleurs mal livré ? On tague la marque, on se plaint, tout en soutenant que – tout de même – il est essentiel d’effectuer son travail correctement. Une voisine qui rentre chez elle en talon à 21h35 alors que l’on essaie de se concentrer sur l’intrigue complexe d’*Emily in Paris* ? On sort son smartphone et on s’indigne car – tout de même – on a besoin de repos.
Contrairement à « Karen », « Jessica » a besoin d’une audience à sensibiliser – c’est une digital native. Elle utilise donc ses réseaux pour exposer ses tracas quotidiens – qui ne sont pas vraiment des problèmes. Si certaines prennent la situation à la légère, la majorité des Jessica – les véritables – contre-attaquent, affirmant qu’elles n’ont rien à voir avec les « Karen ». De nombreux internautes font émerger de nouveaux prénoms – Ashley est souvent mentionné – en tant que « meilleures héritières ». Quoi qu’il en soit, aucune femme ne souhaite porter une telle caricature sur ses épaules.

