Jérôme Pécresse, haut dirigeant de General Electric, quitte ses fonctions

Jérôme Pécresse, vice-président monde de la branche énergies renouvelables de General Electric (GE), va quitter ses fonctions, a annoncé lundi la direction du conglomérat américain. 

« GE confirme le départ prochain de son vice-président sénior Jérôme Pécresse, qui a décidé de se consacrer à de nouveaux projets », a indiqué la direction de General Electric France, confirmant une information de l’hebdomadaire Marianne.

Près de dix ans à la tête de l’activité énergies renouvelables

Jérôme Pécresse, polytechnicien, était le dirigeant mondial de l’activité énergies renouvelables, qu’il a dirigée pendant « pratiquement dix années ». Il est l’époux de Valérie Pécresse, présidente Les Républicains du conseil régional d’Île-de-France et candidate malheureuse à la dernière élection présidentielle.

Jérôme Pécresse a « mené le processus d’intégration des activités énergétiques d’Alstom vendues à GE » en 2015, rappelle GE. « Il a notamment été le fer de lance du développement réussi de GE dans le domaine de l’éolien offshore, qui constituera un pilier essentiel de GE Vernova », a poursuivi l’industriel américain.

« Je laisserai mes responsabilités opérationnelles à la fin de septembre quand débutera la phase de transition », a indiqué Jérôme Pécresse dans une lettre aux salariés, consultée par l’AFP. 

« Je suis fier des contributions que nous avons apportées ensemble au secteur des énergies renouvelables presque partout dans le monde », écrit-il encore, se disant « convaincu que le développement des énergies renouvelables partout dans le monde continuera à s’accélérer et que la technologie permettra d’en repousser les limites ».

« La dernière carte du gouvernement français est tombée »

« L’avenir des entités françaises est dans les mains des Américains », redoute Philippe Petitcolin délégué CFE-CGC (GE turbines à gaz). Jérôme Pécresse pouvait « faire passer les messages » mais « maintenant, la France n’a plus d’interlocuteurs », a-t-il ajouté, voyant dans le départ du dirigeant « un mauvais signal ».

« Pour nous, il est foutu dehors », sourit Alexis Sesmat, délégué Sud Industrie à l’entité turbines à gaz de General Electric. « C’était le seul et dernier interlocuteur français pour Bercy. La dernière carte du gouvernement français est tombée ».

Dans l’article 4 de l’accord de novembre 2014, signé entre GE et l’État français lors du rachat de la branche énergie d’Alstom, que l’AFP a pu consulter, l’entreprise s’engage en effet « à proposer au conseil d’administration de GE, après en avoir informé l’État, l’élection au Conseil d’administration de GE d’un président-directeur général de nationalité française de premier plan ».

Selon Alexis Sesmat, cette annonce est faite « dans la ligne directe de la réorganisation et la scission du groupe ». Fin 2021, General Electric a annoncé une réorganisation de ses activités, entraînant la scission en trois entreprises de l’énergie, du médical et de l’aéronautique. « Le centre de gravité de la partie énergie n’est plus en France mais bien outre-Atlantique », dénonce le délégué syndical. Dans l’accord de 2014, valable dix ans, GE s’engage pourtant à localiser des centres mondiaux en France.