Jean-Marie Le Pen condamné à 1.500 euros d’amende pour détention d’armes

Jean-Marie Le Pen, le 11 décembre 2017 devant le palais de justice de Versailles. — PHILIPPE LOPEZ / AFP

Jean-Marie Le Pen a été condamné ce jeudi à 1.500 euros d’amende pour possession d’armes non déclarées. L’ex-président du Front national a toutefois bénéficié d’une relaxe partielle, devant le tribunal correctionnel de Nanterre où il ne s’est pas présenté.

Pour rappel, le 26 janvier 2015, les pompiers sont intervenus au domicile de l’eurodéputé et son épouse Jany Le Pen, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), sur un incendie déclaré en début d’après-midi.

Des armes non déclarées, un numéro de série limé

En fouillant les étages, les pompiers sont tombés sur plusieurs armes : un LBD, un pistolet gomme-cogne, un fusil à pompe, un pistolet de calibre 7,65, un petit revolver de collection ainsi qu’un Colt calibre 38, seule arme pour laquelle Jean-Marie Le Pen bénéficiait d’une autorisation.

Quelques mois plus tard, à la faveur d’une perquisition à son domicile de Montretout, dans le cadre d’une autre enquête, les policiers découvrent un semi-automatique, un Luger 9 mm placé dans un coffre-fort au sous-sol. Là non plus, l’arme n’était pas déclarée et son numéro de série était même limé, « caractéristique qu’on retrouve plutôt dans le grand banditisme », a rappelé le procureur lors de l’audience.

Une amende de 20.000 euros requise

Jean-Marie Le Pen a reconnu devant les enquêteurs être le propriétaire du fusil, « un héritage » selon lui. Le pistolet de collection, retrouvé au domicile de sa femme ; serait « un cadeau ». Concernant les autres armes, il a affirmé ne pas connaître leur provenance.

Quant au Luger sans numéro de série, il lui a été offert « par un ancien agent des services spéciaux aujourd’hui décédé », a toujours affirmé l’ancien patron du Front national. Jean-Marie Le Pen, « à presque 91 ans, est certainement le plus vieux prévenu de France », a ironisé son avocat, Me Frédéric Joachim. « Il est aussi certainement l’homme politique le plus persécuté par les associations et les parquets », a-t-il ajouté.

Le tribunal a validé la version de Jean-Marie Le Pen et statué la relaxe en ce qui concerne les armes qu’il disait ne pas connaître : le pistolet 7,65, le Flash-Ball et le gomme-cogne. L’ancien fondateur du FN a en revanche été condamné pour les autres armes saisies. « Le quantum de la peine est raisonnable, s’est satisfait Me Joachim après l’audience, surtout par rapport à la dureté des réquisitions ». Le parquet avait demandé une peine de 20.000 euros d’amende et une interdiction de détenir des armes pendant cinq ans.

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