« Je ne m’étais jamais dit féministe jusque-là », confie Grand Corps Malade de retour avec « Mesdames »

Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade. — Yann Orhan

  • Le nouvel album de Grand Corps Malade, Mesdames, est sorti le 11 septembre.
  • L’artiste de 42 ans partage des duos avec des personnalités féminines : Louane, Laura Smet, Véronique Sanson…
  • « On ne met pas assez les femmes à l’honneur dans notre société », a déclaré Grand Corps Malade à 20 Minutes.

Elles et lui. Grand Corps Malade revient ce vendredi avec Mesdames, un album de duos. Soit neuf chansons – précédées d’un titre en solo – partagées avec des artistes d’horizons aussi divers que Louane, Suzane, Véronique Sanson et Laura Smet. Ou bien encore Camille Lellouche avec qui le slameur interprète Mais on s’aime, le premier extrait de l’opus devenu un tube depuis sa sortie au début de l’été. L’artiste de 42 ans s’est confié, seul, à 20 Minutes.

Quel est le point de départ de cet album, et notamment de son concept : rendre hommage aux femmes ?

Parce que c’est important de le faire et que j’en avais envie. Je voulais faire un album de duos – ce que je n’avais jamais fait – et l’idée m’est venue naturellement de me concentrer sur les duos féminins pour mettre les femmes à l’honneur. Pourquoi ? Parce qu’elles le méritent. On ne les met pas assez à l’honneur dans notre société. Cela doit être la part féministe en moi : il y a des inégalités hommes – femmes profondes qui perdurent. L’idée était de parler de tout ça, tout en prenant plaisir à marier des univers et des voix.

Vous vous qualifieriez de féministe ? D’allié du féminisme ?

Je n’en ai aucune idée. Ce n’est pas à moi de le définir. Je ne suis pas fan du fait de nommer ou de donner des étiquettes. Je ne m’étais jamais dit féministe jusque-là. Petit à petit, dès l’adolescence, je me suis rendu compte de ces inégalités. Ça a dû monter progressivement. J’ai été un peu secoué et marqué par les vagues #MeToo et  #BalanceTonPorc. C’est un thème qui m’intéresse de plus en plus. Est-ce que ça fait de moi un féministe ? Ce n’est pas à moi de juger.

En tout cas, vous avez eu des prises de conscience et évolué sur certains points…

C’est cela. C’est important de le dire : cela a été progressif et cela a commencé très tôt. Ado, j’avais été très choqué en voyant à quelle date les femmes ont obtenu le droit de vote en France – en 1945 – et le droit d’ouvrir un compte en banque – encore plus tard, en 1965. Cela m’avait alerté à l’époque. Qui a décidé un jour que les femmes étaient « moins bien » que les hommes et n’auraient pas le droit de voter ? Après, je suis entré dans la vie active et j’ai vu la toute-puissance de l’homme sur la femme, dans le monde du travail, des affaires, politique, artistique.

Vous parlez dans le titre d’ouverture de « délicate démagogie ». C’est pour désamorcer les éventuelles critiques ?

Désamorcer oui, complètement, mais pas les critiques. Je ne commence pas dans mes textes à imaginer les critiques. Là, c’est effectivement le bon terme, je désamorce les paroles, cette énorme déclaration d’amour aux femmes en disant « Désolé si je suis un petit peu premier degré ». Je fais un clin d’œil en parlant de « délicate démagogie ».

Certains des duos sont nés d’une rencontre, d’autres, de recommandations de votre entourage. Est-ce que vous aviez des critères particuliers pour confirmer le fait que vous souhaitiez chanter en duo avec telle artiste ou telle autre ?

C’était au coup de cœur. Il y en avait que je connaissais, d’autres pas, comme Suzane ou Laura Smet, avec lesquelles j’avais envie de partager des textes. On m’avait dit que les sœurs Berthollet aimaient mon travail, ça m’a donné envie de les rencontrer. Les choix se sont faits un peu à l’envie, un peu au hasard, mais le critère principal, c’était l’éclectisme. Je voulais des femmes aux profils très différents : au niveau des générations, des métiers… Il y a des chanteuses, des actrices, des instrumentistes, une slameuse qui est au collège.

Le duo avec Camille Lellouche a été l’un des succès de l’été. C’est le premier extrait de l’album, vous pressentiez l’impact qu’il pouvait avoir ?

On pressentait que cette chanson pouvait plaire, mais on ne s’attendait pas à un si grand nombre, avec autant de vues sur YouTube et de passages radio. On a été dépassés par l’engouement. On sentait que ce morceau avait un truc, tous nos proches qui l’ont entendue juste après qu’il a été enregistré étaient très touchés. On pensait que les gens pouvaient se l’approprier, c’est pour cela qu’on l’a sorti en premier single.

Avec quelle artiste ne figurant pas sur l’album aimeriez vous partager un duo, si tout était possible, c’est-à-dire sans contrainte géographique ou d’agenda ?

Sans contrainte de décès, ça marche aussi ? (rires) Alors, un rêve absolu aurait été de faire un duo avec Barbara, pour rester dans les femmes fortes, de caractère, au talent incomparable.

Télévision

« Je ne vais pas gommer mon pessimisme au nom de la musique pop », prévient Julien Doré

Culture

« On ne s’émancipe jamais de Booba », plaisante le journaliste Medhi Maïzi

1 partage