Japon : Encore un ministre limogé, turbulences au sein du gouvernement

Empêtré dans des scandales politico-financiers, Kenya Akiba, le ministre japonais de la Reconstruction a démissionné ce mardi. C’est le quatrième départ en trois mois d’un ministre du gouvernement de Fumio Kishida, de plus en plus impopulaire dans les sondages.

Fragilisé depuis plusieurs semaines, le ministre a reconnu que son épouse et sa mère avaient perçu pendant des années des fonds de deux groupes politiques dont il est proche, sous la forme de paiements de loyer. Il est aussi accusé d’avoir illégalement rémunéré des assistants lors d’une campagne électorale en 2021.

La vice-ministre des Affaires intérieures et des Communications Mio Sugita a également démissionné ce mardi. Cette femme politique d’extrême droite avait été rattrapée ces dernières semaines par des propos discriminatoires qu’elle avait tenus par le passé sur la communauté LGBT+ et des minorités ethniques au Japon.

Un gouvernement impopulaire et affaibli

Le gouvernement japonais est considérablement affaibli par une série de scandales et des révélations en cascade depuis l’été dernier sur les liens entre de nombreux élus du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice), le principal parti au pouvoir dirigé par le Premier ministre Fumio Kishida, et l’Eglise de l’Unification, surnommée « secte Moon ».

Fin novembre, le ministre des Affaires intérieures Minoru Terada avait dû démissionner à la suite de scandales politico-financiers le concernant. Quelques jours auparavant, le ministre de la Justice Yasuhiro Hanashi avait pris la porte après s’être étrangement plaint que sa fonction n’occupait le devant de la scène que lorsqu’il s’agissait d’autoriser l’exécution d’un condamné à mort.

Et fin octobre, le ministre de la Revitalisation économique Daishiro Yamagiwa avait été limogé pour ses relations avec la secte Moon.

Les pratiques douteuses de ce groupe religieux, qui se fait désormais appeler dans le monde la « Fédération des familles pour la paix mondiale et l’unification », ont explosé au grand jour au Japon depuis l’assassinat en juillet dernier de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe.